Rythmes scolaires : à Marseille, la grande pagaille

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Rythmes scolaires : à Marseille, la grande pagaille
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AMBIANCE ÉLECTRIQUE - Les activités périscolaires seront mises en place au mieux en octobre, faute d'animateurs. Des parents d'élèves ont saisi la justice. 

"Improvisation", "bricolage". A Marseille, où 74.000 enfants sont scolarisés, la rentrée a été particulièrement chaotique. Et le pire est à venir. Les activités périscolaires qui doivent être concentrées le vendredi après-midi dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires, ne seront mises en place qu'au mois d'octobre, faute d'avoir trouvé un nombre suffisant d'animateurs. Les difficultés pourraient même durer jusqu'à début 2015.

Une action en justice. En attendant, les parents d'élèves doivent s'organiser. Exaspérés, certains ont déposé mardi un recours en référé auprès du tribunal administratif de Marseille pour obliger la mairie à organiser une garderie provisoire, a indiqué mardi leur avocat. Le maire UMP de la ville Jean-Claude Gaudin, "s'est engagé auprès du recteur" lors de la validation de l'organisation du temps scolaire, explique Me Benoît Candon, qui porte l'action en justice. Selon lui, "les usagers ont le droit de se prévaloir de cet engagement". D'autres parents sont prêts à faire une grève de la faim pour se faire entendre.

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Gaudin donne des leçons. Jean-Claude Gaudin, lui, estime que la municipalité de Marseille n'a rien à se reprocher. Pris à partie par des parents d'élèves mardi matin, le "vieux lion" marseillais leur a répondu vertement. "C'est un vrai scandale, la moitié de nos salaires va partir pour faire garder nos enfants", a lancé un père à l'édile qui effectuait une visite de rentrée au groupe scolaire Amédée Autran, un établissement chic du 7ème arrondissement. "Incompétent", a lancé un autre parent d'élève à l'élu qui invoquait pour sa défense le manque de temps dont disposait, selon lui, la mairie pour mettre en oeuvre la réforme."Vous aviez le temps !", a répliqué le père de famille. "Ne vous étranglez pas", lui a répondu Jean-Claude Gaudin, "occupez-vous aussi de vos enfants".

>>> Mais comment la deuxième ville de France a pu en arriver là ?

Gaudin contraint de revoir sa copie. L'application des rythmes scolaires à Marseille a viré au bras de fer. Jean-Claude Gaudin a d'abord demandé un moratoire d'un an pour appliquer la réforme. Fin juin 2014, le sénateur-maire a dû revoir sa copie après le rejet de son projet de soutien scolaire par le rectorat. Bref, les choses ont traîné et les vacances d'été sont arrivées.

Où sont les animateurs ? La panique a alors saisi la cité phocéenne. Pour recruter les 3.000 animateurs nécessaires à la mise en place des activités périscolaires, la municipalité a alors multiplié les initiatives, allant même jusqu'à déposer des petites annonces sur Le Bon coin. Insuffisant. 

Une semaine avant la rentrée, préparant le terrain miné, l'adjointe à l'éducation à la mairie de Marseille annonçait qu'il n'y aurait pas d'activités périscolaires les trois premiers vendredis de septembre. La mairie n'ayant réussi qu'à recruter 300 animateurs sur 3.500. "Après, ce sera normal", assurait l'élue au Figaro. Aujourd'hui, le retard pourrait être plus conséquent que prévu. Les activités périscolaires ne pourraient être mises en place qu'à partir des vacances de la Toussaint et les difficultés durer jusqu'à début 2015...