Restes de victimes du nazisme à Strasbourg : "d'autres découvertes possibles"

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Pour l'historien Raphaël Toledano, la découverte macabre doit déclencher de nouvelles investigations.

INTERVIEW

La rumeur disait vrai. Après l'annonce, samedi, de la découverte de restes de victimes du nazisme à l'institut de médecine légale de Strasbourg, faut-il s'attendre à d'autres découvertes macabres ? "C'est possible", a estimé lundi sur Europe1 l'historien Raphaël Toledano à l'origine de la découverte. L'universitaire a, par ailleurs, appelé à poursuivre "investigations et recherches" pour "mieux connaitre cette histoire".

Une découverte "presque par hasard". La rumeur que des restes de victimes de l'anatomiste nazi August Hirt étaient conservés dans un bocal à la Faculté de médecine de Strasbourg avait été balayée par les chercheurs. Mais en découvrant une lettre très précise d'un ancien professeur de médecine légale, l'historien Raphaël Toledano a voulu vérifier par lui-même : c'est ainsi qu'il est tombé "presque par hasard" sur des bocaux contenant des prélèvements réalisés sur les victimes juives dans les camps."Cela a été un choc de découvrir ces restes : comme tout le monde, je pensais qu'ils étaient enterrés depuis des années", a-t-il expliqué lundi sur Europe1.

De nouvelles vérifications s'imposent. Comment expliquer qu'il a fallu attendre 2015 pour faire cette découverte alors que la rumeur courait depuis si longtemps ? "L'accès à ce musée est difficile : il est fermé à clef, ce n'est pas un endroit fréquenté assidûment", a souligné le chercheur. Pour lui, cela pose "la question de la vérification des pièces" car si l'institut d'anatomie avait été vérifié, "on n'avait pas pensé à vérifier ailleurs". Mais ces découvertes changent la donne : le chercheur a appelé à déclencher investigations et recherches. "D'autres découvertes sont possibles", a-t-il reconnu.

Le projet macabre d'un nazi. Les restes retrouvés appartiennent à plusieurs des 86 victimes d'un projet de "collection de squelettes juifs" voulu par l'anatomiste nazi August Hirt qui considérait les Juifs comme une "sous-humanité". La municipalité entend remettre les pièces découvertes à la communauté juive de Strasbourg. Elles feront l'objet d'une inhumation et doivent rejoindre les restes des victimes enterrés au cimetière israélite de Cronenbourg à l'ouest de la métropole alsacienne.


Restes de victimes du nazisme à Strasbourg...par Europe1fr