Remise en liberté de l'assaillant de Marseille : une tragique série de dysfonctionnements, le préfet limogé

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Dans un document de 27 pages, les inspecteurs chargés d'étudier les conditions de libération de l'assaillant décrivent de graves dysfonctionnements à la préfecture du Rhône. Le préfet a été limogé mardi.

La décision est tombée : le préfet du Rhône, Henri-Michel Comet, est limogé. Son départ sera acté en Conseil des ministres mercredi. Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, avait promis des sanctions après avoir reçu le rapport sur les conditions de libération de l'homme en situation irrégulière qui avait été interpellé pour vol, remis en liberté le lendemain puis qui avait tué deux jeunes femmes le surlendemain à la gare Saint-Charles de Marseille. Ce rapport rendu sur les manquements au sein de la Préfecture se montre sans concession.

Dysfonctionnements en série. Trois jours de mission à Lyon auront suffi aux inspecteurs pour pointer du doigt des dysfonctionnements graves à la préfecture du Rhône, une défaillance le week-end du drame. Pas de faute individuelle, mais une tragique suite de quiproquos décrits dans un document de 27 pages : un agent de permanence qui n'ose pas déranger le sous-préfet retenu pour une cérémonie et qui ignore qu'un autre sous-préfet est présent en renfort, ce même agent convaincu par ailleurs qu'il n'y aura pas de place disponible au centre de rétention le plus proche avant la fin de son service. Pourtant, une place s'est libérée entre temps. 

Manquements. Par ailleurs, les inspecteurs s'étonnent que la Préfecture ne cherche pas les disponibilités dans des centres de rétention plus lointains. Il y avait quatre places libres à Nîmes quand le futur meurtrier de Laura et Mauranne a été remis en liberté. Les inspecteurs fustigent également des horaires de permanence mal adaptés qui auraient conduit la police aux frontières à relâcher 27 personnes au cours du dernier trimestre, faute de correspondant à la préfecture.

Le ministre de l'Intérieur a donc tranché. Le préfet et son secrétaire général sont remerciés, ce qui n'empêche pas Gérard Collomb de constater la faiblesse des moyens. Il annonce 150 recrutements en France en exigeant que les préfectures aient accès aux logiciels des centres de rétention.