"Produire du grand vin, ça ne se décrète pas"

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"Produire du grand vin, ça ne se décrète pas"
Les VSIG débarquent à partir du 1er janvier 2016.@ Europe 1
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Pour Olivier Poels, spécialiste du vin, l'arrivée des vins sans appellation géographique a peu de chances de faire de l'ombre aux viticulteurs AOC.

Une petite révolution dans le monde du vin français et européen ? A partir du 1er janvier, il sera possible de planter des vignes ou d’étendre des parcelles existantes n’importe où en France et d’en vendre le vin. C’est la conséquence d’une décision européenne de 2007, qui sera appliquée dans l’Hexagone à partir du 1er janvier prochain. Les nouveaux breuvages que vous goûterez peut-être seront des "vins sans indications géographique" (VSIG).

"Produire du grand vin, ça ne se décrète pas". Cette décision inquiète les producteurs de vins et surtout les petits viticulteurs, qui craignent qu’elle ne provoque la mort des AOC (appellations d’origine contrôlée), soumises à des normes beaucoup plus strictes. Pour Olivier Poels, rédacteur en chef adjoint de "La Revue du vin de France" et spécialiste gastronomie pour Europe 1,  il n’y a au contraire rien à craindre. "Il faut se dire que s’il n’y a pas de vigne dans des régions comme la Bretagne ou le Nord-Pas-de-Calais, c’est pour des raisons historiques et qu’il n’y a pas là quantité de grands terroirs pour produire du vin", explique-t-il mardi sur Europe 1.

Avant d’ajouter : "Produire du grand vin, ça ne se décrète pas. C’est la conjonction d’un certain nombre de choses qui sont nécessaires comme un sol, un climat, un savoir-faire". Il estime qu’il n’y a "pas de quoi faire trembler les grandes appellations françaises".

La qualité avant tout. La guerre des vignobles et des territoires n’aura donc pas lieu pour le spécialiste, qui rappelle que la superficie du vignoble français a perdu 10% de sa surface. Les Français ont notamment divisé leur consommation de vin par deux depuis l’après-guerre. En France comme dans le monde, "il y a une demande moins forte sur la quantité, mais supérieure sur la qualité". La question est donc plutôt de produire assez de vin pour satisfaire la demande, sans rien céder sur le savoir-faire qui a fait la renommée des crus français.