Procès Merah : le frère de Mohamed Merah condamné à 20 ans de réclusion criminelle

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La cour d'assises spéciale a retenu l'association de malfaiteurs terroriste criminelle, mais pas la complicité d'assassinats qui aurait pu lui valoir la perpétuité.

Après cinq semaines d'audience sous haute tension, Abdelkader Merah, le frère de Mohamed Merah, a été condamné à la peine de 20 ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté des deux tiers. Cet ex-caïd de quartier franco-algérien de 35 ans, converti depuis 2006 à un islam radical, soupçonné d'avoir été le mentor de son cadet, était jugé pour participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle et complicité d'assassinats. La cour a retenu l'association de malfaiteurs terroriste criminelle mais pas la complicité d'assassinats qui aurait pu lui valoir la perpétuité.

Son co-accusé condamné à 14 ans de réclusion criminelle. Son co-accusé, Fettah Malki, soupçonné d'avoir fourni un gilet pare-balles et un pistolet mitrailleur au tueur au scooter, a lui été condamné à 14 ans de réclusion criminelle, avec également une période de sûreté des deux tiers. Il a décidé quelques minutes plus tard, via son avocat, de faire appel de sa condamnation. 

L'avocate générale avait requis la perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans contre Abdelkader Merah, et 20 ans de réclusion criminelle assortie d'une peine de sûreté des deux-tiers contre Fettah Malki. Mohamed Merah a été tué le 22 mars 2012 dans l'assaut de l'appartement où il s'était retranché après avoir abattu trois militaires, trois écoliers de l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse et le père de deux d'entre eux, les 11, 15 et 19 mars.

La colère de Latifa Ibn Ziaten. Le verdict a été accueilli avec satisfaction par Me Eric Dupond-Moretti, un des avocats d'Abelkader Merah. "Les juges, et c'est leur honneur, ont résisté à la pression de l'opinion publique. En acquittant Abdelkader Merah du crime de complicité d'assassinats, la cour d'assises a rappelé que même dans les affaires de terrorisme les plus graves, la preuve et la règle de droit n'étaient pas reléguées au rang d'accessoires", a-t-il déclaré. 

Latifa Ibn Ziaten, la mère d'un des militaires tués, a au contraire exprimé sa colère et son incompréhension. "Je suis vraiment déçue, mon fils est mort pour rien. Je pense qu'ils (les magistrats de la cour, ndlr) n'ont pas été jusqu'au bout". "J'espérais qu'il serait condamné à la perpétuité parce qu'il a aidé son frère. Vingt ans ! Il a déjà fait cinq ans. Dans moins de quinze ans, il sera dans la rue et sera un danger pour nos jeunes", a-t-elle estimé.

Un procès sous tension. Les cinq semaines d'audience devant les assises spéciales se sont déroulées dans un climat particulièrement tendu entre les familles des victimes, aux attentes immenses, et les défenseurs du principal accusé, ne cessant de déplorer "l'absence" de preuves concrètes de l'influence d'Abdelkader Merah sur son frère. Dans la salle Voltaire, magistrats professionnels, journalistes et publics avaient suivi les débats dans une atmosphère lourde, marquée par plusieurs incidents.