Indre-et-Loire : privée de funérailles à cause de son pacemaker dernier cri

  • A
  • A
Indre-et-Loire : privée de funérailles à cause de son pacemaker dernier cri
Le pacemaker américain est bien plus petit que ses prédécesseurs@ JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Partagez sur :

La défunte avait bénéficié d'un pacemaker de pointe installé directement dans son coeur mais qui empêche toute inhumation ou crémation.

Parfois la science devance la loi et cela peut provoquer des situations inextricables. C'est ce qui est arrivé à la famille d'une femme de 81 ans décédée à la fin du mois de novembre après avoir reçu un pacemaker dernier cri posé à l'hôpital de Tours. Onze jours après son décès, elle ne peut toujours pas être inhumée, raconte La Nouvelle Républiquevendredi.

Un pacemaker trop discret. Le 16 octobre, la Haute autorité de la Santé a autorisé l'implant d'un tout nouveau modèle américain de pacemaker : le Micra. Pas plus gros qu'une gélule, il est placé directement à l'intérieur du coeur. Seule une vingtaine de CHU sont autorisé à le poser dont celui de Tours. Quelques jours plus tard, une femme a donc bénéficié de cette technologie de pointe. Mais elle décède au matin du 21 novembre à son domicile

Comme le prévoit la loi, le médecin du Samu qui a constaté le décès a dû attester que la défunte n'avait pas de pacemaker. Cette attestation est obligatoire pour une inhumation ou une crémation au cours desquelles les piles pourraient polluer ou exploser. Le médecin n'a pas détecté l'appareil, puisqu'il n'était pas placé sous la clavicule comme c'est le cas habituellement. Mais comme la famille l'a signalé, il a coché la case "pacemaker". Depuis, les funérailles sont donc bloquées.

Personne pour enlever l'appareil. Malgré l'autorisation de la Haute autorité de la Santé qui a affirmé que ce pacemaker était compatible avec l'inhumation et la crémation, impossible de déroger à la règle qui veut que seul un corps sans pacemaker puisse être mis en bière. Le thanatopracteur refuse de le retirer, arguant que l'opération n'est pas de son ressort. Le chirurgien cardiaque qui l'a posé ne peut plus toucher au corps car il a été prévenu 48h après le décès et le procureur de Bourges refuse de nommer un médecin légiste pour le faire car la mort n'est pas suspecte.

Un "tour de France des crématoires". En attendant, le corps a été placé dans un chambre froide avant son placement en "cellule négative" congélateur. La seule solution pour la famille ? "On nous a proposé de faire le tour de France des crématoires pour en trouver un qui accepterait", confie la sœur de la défunte.