Prévention du suicide des agriculteurs : le gouvernement fait "marche arrière"

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Prévention du suicide des agriculteurs : le gouvernement fait "marche arrière"
Quelque 3.500 agriculteurs ont bénéficié de ce dispositif, mis en place par le précédent gouvernement. @ PATRICK HERTZOG / AFP
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Le deuxième syndicat agricole a accusé mercredi le gouvernement de faire "marche arrière" sur la prévention du suicide des agriculteurs, en cessant de financer l'aide au répit.

La Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, a accusé mercredi le gouvernement de faire "marche arrière" sur la prévention du suicide des agriculteurs, en cessant de financer l'aide au répit, qui permet aux paysans en burn-out de partir en vacances.

Dans un communique intitulé "Prévention du suicide: le gouvernement en marche arrière", la Coordination rurale pointe du doigt "ce repli alors que la situation des agriculteurs ne cesse de se détériorer". "Les ministères de l'Agriculture et des Finances ayant décidé de ne plus financer le dispositif d'aide au répit pour les agriculteurs, ce sont les MSA (caisses de la sécurité sociale agricole) locales qui vont essayer de maintenir ce dispositif aux frais de ces derniers", affirme le syndicat. La Coordination rurale "s'étonne et s'insurge contre cet abandon d'une politique nationale mise en place pour prévenir le suicide agricole".

3.500 agriculteurs ont bénéficié du dispositif. Quelque 3.500 agriculteurs ont bénéficié de ce dispositif, mis en place par le précédent gouvernement  et qui permet aux agriculteurs de partir en congés, mais aussi d'obtenir une aide administrative ou de faire partie d'un groupe de parole. La situation économique de nombre d'exploitations s'est considérablement aggravée ces dernières années. La MSA a indiqué que ce dispositif serait reconduit, avec ou sans l'aide de l'État: "les quatre millions d'euros délégués par l'État l'année dernière, c'était pour lancer le programme", a expliqué Bruno Lachesnaie, directeur de l'action sociale à la MSA.

Une aide de l'État tant attendue. "On va le continuer sur nos fonds d'actions sociales, on a quand même 154 millions d'euros par an. On a également un fonds de prévention qu'on va mettre à contribution", a-t-il ajouté. "On va dégager une enveloppe de 3,5 millions pour 2018, en espérant que l'État puisse compléter, mais on n'est plus dans la logique que l'État reconduise tous les ans une aide au démarrage d'un programme", a-t-il affirmé.

"On prend le relais, mais on souhaiterait que l'Etat puisse compléter", a-t-il ajouté, précisant par ailleurs que ce programme allait être élargi aux "salariés de la production agricole", voire de quelques filières coopératives dans les secteurs en crise, dont certains ne sont pas épargnés par le burn-out. "Sur certains autres domaines d'intervention, on resserre un peu les critères, c'est la vie même des fonds d'action sociale", a ajouté Bruno Lachesnaie, précisant que 2,5 millions seraient financés par les caisses centrales et un million par les caisses locales.