Préservatif : la campagne de prévention qui culpabilise les jeunes

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Préservatif : la campagne de prévention qui culpabilise les jeunes
@ MANAN VATSYAYANA / AFP
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Une campagne gouvernementale pour le port du préservatif, destinée aux 12-18 ans et diffusée sur le réseau Snapchat, a créé un tollé sur les réseaux sociaux. Les internautes dénoncent des arguments moralisateurs.

La campagne pour le port du préservatif lancée par le gouvernement mardi est loin d'avoir eu l'effet escompté. Plutôt que d'inciter les jeunes à se protéger, elle a suscité la polémique en adoptant un ton moralisateur.

Un argument plus critiqué que les autres. Baptisée "Pourquoi il faut toujours avoir un préservatif sur toi", cette campagne, créée par le site dédié à la sexualité des jeunes OnSexprime.fr (géré par Santé Publique France), sous la tutelle du gouvernement, liste les raisons de se protéger lors d'un acte sexuel : "Parce que ça t'évitera une rupture pour des motifs franchement gênants", ou encore "Parce que ça t'évitera de dire à tes parents qu'ils vont être grands-parents très jeunes". Un argument, décliné sur un visuel fuchsia, a particulièrement choqué les internautes : "Parce que ça t'évitera d'annoncer à l'infirmière/le médecin que tu as eu un rapport non protégé". 

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"On est soignants. Pas juges". Cet argument a fait bondir les internautes et une partie du corps médical, qui invoquent la bienveillance des soignants à l'égard de tous les patients. Sur Twitter, un infirmier assure : "Si un jour je m’occupe de vous, sachez que vous pouvez, à mes collègues et moi, nous dire ce genre de choses on est là aussi pour ça. On a probablement fait la connerie avant vous. On est soignants. Pas juges". "Il y a des arguments beaucoup plus importants que ça, comme le risque VIH ou toutes les infections sexuellement transmissibles qu'on n'a pas envie d'attraper", estime une lycéenne au micro d'Europe 1. 

Surpris par cette campagne, les jeunes qu'Europe 1 a pu interroger assurent que leur rapport aux soignants dans pareils cas n'est pas remis en question. "Ça ne nous gênerait pas d'aller voir un médecin et d'admettre qu'on a eu un rapport non protégé pour se faire dépister", affirme l'un d'eux. "Avec les médecins, je suis plus à l'aise. Il n'y a pas de honte car ils sont là pour ça", abonde une autre.

Mercredi, face à la polémique, le ministère de la Santé a supprimé le message de son compte Twitter. De son côté, Santé Publique France a fait valoir l'argument de l'humour. Chacun jugera.