Bac : un examen qui coûte 1,5 milliard d'euros chaque année

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Ce chiffre prend en compte les dépenses liées à l'organisation des épreuves mais également le montant des trois semaines d'enseignement "perdues" chaque année par les lycéens.

BAC

L'épreuve constitue un monument de la culture française et son coût atteint des sommes astronomiques. Le vrai prix du bac s'élève à 1,5 milliard d'euros chaque année, selon le principal syndicat de chefs d'établissement, le SNPDEN. Un chiffre qui prend en compte les dépenses liées à l'organisation des épreuves - comme le paiement des professeurs - mais également le montant des trois semaines d'enseignement perdues chaque année par les lycéens.

Pour l'édition 2015, les lycéens plancheront ainsi du 17 au 24 juin, en commençant par la sacro-sainte épreuve de philosophie. Europe 1 passe au crible la facture de cet examen qui concerne cette année 680.000 candidats.

Le coût astronomique des trois semaines de cours supprimées. Dans le détail, les dépenses liées à l'organisation des épreuves finales représentent une part minime dans le budget global du baccalauréat, soit environ 75 millions d'euros. Une somme qui prend en compte le salaire des enseignants mobilisés, la revalorisation de l'indemnité de correction, la réquisition des établissements scolaires pour accueillir les deux millions d'élèves. L'accroissement chaque année du nombre de candidats participe également à la hausse du coût du bac. S'ajoutent également à cette somme : l'augmentation du nombre de langues évaluées, l'essor des options facultatives et la création d'épreuves supplémentaires.

Mais ce qui coûte le plus, c'est bien la suppression des cours durant les trois semaines de juin avant l'examen. Trois semaines qui représentent en effet 8 % de l'année scolaire des lycéens, toutes classes confondues, et qui passent donc à la trappe, rapporte Le Monde.

Le bac "sert-il encore à quelque chose ?" Pour Philippe Tournier, le président du syndicat SNPDEN, le rapport "qualité/prix" du bac est donc clairement disproportionné. "Il s'agirait simplement de faire en sorte que l'on paye des professeurs, qui sont recrutés à Bac +5, pour faire cours aux élèves, pas pour passer des journées à surveiller des salles, à attendre que des élèves passent à l'oral. Il y a un gaspillage de compétences qui est invraisemblable. Je ne serais pas contre si ça servait vraiment à quelque chose. Or, la question qui se pose aujourd'hui, est de savoir si ça sert vraiment à quelque chose", lâche-t-il.

Car le coût faramineux du bac pose la question sous jacente de sa pertinence et de son utilité concrète. Surtout que le dispositif "admission post-bac", instauré en 2009, permet aux élèves de savoir dans quelle filière ils sont pris sans avoir reçu les notes de leur baccalauréat.

Des idées… qui ne sont pas prêtes de voir le jour. Certains hauts responsables du ministère penchent pour une réforme du bac avec l'idée d'instaurer davantage de contrôles continus et de faire passer moins d'épreuves. Ce qui voudrait dire des économies et moins d'heures de cours supprimées. Mais Najat Vallaud-Belkacem, quoi qu'elle en pense, ne peut pas se permettre de rouvrir un nouveau front avec la réforme du collège.

>> Décrocher une mention au bac, ça sert encore à quelque chose ? La réponse en vidéo : 


Bac : avoir une mention au bac sert-il encore à...par Europe1fr