Rentrée scolaire : opération déminage pour Najat Vallaud-Belkacem

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Rentrée scolaire : opération déminage pour Najat Vallaud-Belkacem
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DECRYPTAGE - Les rythmes scolaires et l'égalité filles-garçons sont des sujets hautement explosifs pour la nouvelle ministre de l'Education. 

"C'est une rentrée importante avec de nombreux défis". Pour sa première conférence de presse de rentrée, Najat Vallaud-Belkacem, nouvelle ministre de l'Education nationale, a habilement soufflé le chaud et le froid. Prônant "la fermeté" à l'égard des maires frondeurs, qui n'entendent pas appliquer la réforme des rythmes scolaires, tout en cherchant à rassurer des parents inquiets, à qui elle a promis "écoute" et dialogue". 

Une fronde à évaluer. Car Najat Vallaud-Belkacem le sait, la réforme des rythmes scolaires est à risques. La nouvelle locataire de la rue de Grenelle va devoir affronter plusieurs fronts dont elle ne connaît pas encore l'ampleur. Combien de maires seront-ils, au final, à entrer en résistance ? La menace de sanctions suffira-t-elle à éteindre le mouvement des frondeurs ? L'école "n'est pas une option, elle est obligatoire", a rappelé la ministre, à la veille de la rentrée des classes. Et "quand on se met en infraction à la loi, il y a des sanctions qui tombent", a-t-elle menacé. 

Sa vraie rentrée, c'est samedi. Plus que la rentrée scolaire, mardi, la ministre de l'Education nationale va connaître son véritable baptême du feu, samedi 6 septembre. Ce jour-là, des élus et le collectif Gilets jaunes appellent à manifester contre la réforme et demanderont, une nouvelle fois, l'abrogation des décrets Peillon et Hamon. L'ampleur de la mobilisation donnera le ton à la nouvelle locataire de la rue de Grenelle. 

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L'égalité fille-garçons. Un autre défi attend aussi Najat Vallaud-Belkacem : présenter sereinement le nouveau "plan d'action" pour l'égalité filles-garçons. Annoncé fin juin par Benoît Hamon, il doit remplacer les ABCD de l'égalité, outil pédagogique décrié par des mouvements d'extrême droite et les anti-mariage gay, qui dénoncent un prétendu enseignement de la "théorie du genre" à l'école.

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A peine sa nomination annoncée, Najat Vallaud-Belkacem est devenue LA cible politique pour la droite et les mouvements tradis. Le député UMP de Haute Loire, Laurent Wauquiez, est allé jusqu'à qualifier la ministre "d'ultra pro-gender". De son côté, Ludovine de la Rochère, la présidente de la Manif pour tous, a confié au Figaro être "horrifiée" tout en appelant les Français à venir battre le pavé, le 5 octobre, lors d'une manifestation organisée par son mouvement destinée à calmer les ardeurs du gouvernement sur tout sujet de société. 

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Désamorcer la polémique. Les attaques, la ministre de l'Education a décidé de ne pas y répondre, affirmant ne pas "avoir le temps" pour "les polémiques stériles". Najat Vallaud-Belkacem préfère évoquer le futur plan d'action pour l'égalité filles-garçons. "Les personnels éducatifs seront désormais systématiquement formés et disposeront d'outils pédagogiques de qualité pour transmettre une culture de l'égalité, de la mixité et du respect entre filles et garçons", précise-t-elle dans une interview au Monde.

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Associer les parents. Sans jamais renier les ABCD de l'égalité -  lors de sa conférence de presse, elle a pris soin de remercier les 275 écoles qui avaient expérimenté le dispositif - , la locataire de la rue de Grenelle a tenu à envoyer un message aux parents. "Je ne suis pas sourde, j'ai entendu les inquiétudes des parents", a-t-elle déclaré, promettant qu'ils seraient "associés" à son plan d'action. La meilleure arme pour éviter l'intox ?