#PayeTonUterus : les dessous d’un buzz

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#PayeTonUterus : les dessous d’un buzz
@ Maxppp
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BUZZ- Lancé mercredi sur Twitter, le hashtag #PayeTonUterus, qui invite à raconter son expérience chez son gynécologue ou son pharmacien, est vite devenu viral. Mais qui se cache derrière ? 

L’info. Près de 7.000 tweets en 24 heures. Le hashtag #PayeTonUterus a rapidement séduit les internautes. Le principe est simple : en 140 signes, les femmes mais aussi les transgenres sont invités à partager leur expérience chez leur gynécologue ou leur pharmacien. Pilule, règles, tests de grossesse, libido... tout y passe. Le dénominateur commun de tous ces messages ? Des comportements sexistes et des clichés solidement ancrés. 

Ironie et colère. Le ton est tantôt sarcastique tantôt désespéré. L’une d’elle écrit par exemple : “la gynéco qui me prescrit un examen (non remboursé) pour de soi-disant problèmes hormonaux  parce que j’avais du poil aux pattes… #PayeTonUterus”. Une autre dénonce le comportent des pharmaciens : “  #PayeTonUterus Aller chercher la pilule du lendemain et recevoir une tripotée de regards noirs des pharmaciens”. Les gynécologues ne sont pas non plus épargnés comme le relate une internaute : “je voudrais prendre la pilule”. “Vous êtes trop jeune pour avoir des rapports sexuels”, s’entend-elle répondre. 

Une militante féministe. Tous ces tweets ont été compilés sur un site, précisément édité par l’instigatrice du hashtag : une étudiante de 25 ans en fin d’études de pharmacie. Ondine, c’est son prénom, souhaite rester discrète et refuse de parler par téléphone. C’est par mail qu’elle se présente en tant que “militante féministe et concernée par les problématiques liées au corps médical”. 

Une cystite à l’origine du hashtag. Mercredi, la jeune femme se réveille avec une cystite (une infection urinaire). Elle explique n’avoir pas pu se procurer le traitement antibiotique car le sachet coûtait 7 euros. Avec une amie et quelques personnes sur Twitter, elle décide de lancer le hashtag “ #PayeTonUterus”, “fatiguée de constater à quel point l’accès à des soins aussi normaux qu’une cystite était difficile et cher”.

Les deux tweets qui ont lancé le hashtag sur Twitter : 



Pourquoi #PayeTonUterus ? Ondine précise : “le but de l’opération était vraiment de donner la parole aux gens sur le fait que ce n’est pas normal de payer aussi cher des soins de première nécessité”. Mais pourquoi le choix d’un tel hashtag? Selon la jeune militante, ce hashtag volontairement large permettait d’inclure aussi bien les femmes que les personnes transgenres qui rencontrent les mêmes problèmes. 

La ministre de la Santé interpellée. Le hashtag accède rapidement au rang de trending topic en France (l’un des sujets les plus discutés sur Twitter), une surprise toute relative pour Ondine : “les galères avec le corps médical ne sont pas des dysfonctionnements sporadiques mais un réel problème sociétal, d’où le fait que tout le monde avait quelque chose à dire sur le sujet”.

Il y a une personne que la jeune femme aimerait néanmoins interpeller sur le sujet : Marisol Touraine, la ministre de la Santé et des Droits des femmes. “J’aimerais qu’elle réagisse sur le sujet, et que des solutions soient proposées”. L’appel est lancé.