Pas encore de décision sur le retour des fouilles collectives en prison

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Pas encore de décision sur le retour des fouilles collectives en prison
@ AFP
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Jean-Jacques Urvoas a expliqué que le retour de cette mesure, critiquée par les défenseurs des droits de l'homme, n'est pour l'instant qu'une "proposition". 

La réintroduction de fouilles intégrales, collectives et aléatoires en prison, n'est pour l'instant pas encore décidée. Le retour de cette mesure, très critiquée par les défenseurs des droits de l'homme, est à ce stade une "proposition", et non pas une "décision", a assuré mardi le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, sur France Info. Le texte doit être examiné le 11 mai en commission mixte paritaire.

30.000 portables et 1.400 armes saisies en détention l'an dernier. "Les fouilles à nu n'ont jamais été interdites, jamais", a précisé le ministre, mais elles devaient jusqu'ici être menées de manière "individualisée" et "prévisible". L'amendement voté par le Sénat permet aux directeurs de prison d'ordonner des "fouilles dans des lieux et pour une période de temps indéterminés, indépendamment de la personnalité des personnes détenues". En clair il s'agit de permettre, dans certaines circonstances, des fouilles collectives et aléatoires, afin de combattre le trafic d'armes ou autres objets interdits en prison.

Jean-Jacques Urvoas, qui doit rendre visite mercredi à l'Ecole nationale de l'administration pénitentiaire, formant les surveillants de prison, a rappelé que ces derniers avaient subi 4.000 agressions l'an dernier. Par ailleurs 30.000 téléphones portables et 1.400 armes ont été saisies en détention en 2015, a-t-il dit. Le ministre a évoqué les "pressions" que subissent selon lui les familles de certains détenus pour jouer les "mules" et faire entrer des objets ou substances interdits en prison, à l'occasion des parloirs.

Vives critiques de l'Observatoire international des prisons. Le Garde des Sceaux a assuré que ce nouveau texte respectait les critères de la Cour européenne des droits de l'homme, ce dont doutent certains défenseurs des libertés publiques. "Le gouvernement, et son ministre de la Justice, ont fait le choix de se joindre aux voix les plus réactionnaires et de renoncer à la défense des droits fondamentaux", a déploré dans un communiqué l'Observatoire international des prisons.