Pas d'auteure en terminale L : "il fallait tirer le signal d'alarme"

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Pas d'auteure en terminale L : "il fallait tirer le signal d'alarme"
Image d'illustration.@ RICHARD BOUHET / AFP
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Une enseignante de français en terminale L a lancé une pétition face à l'absence d'auteure dans les programmes.

INTERVIEW

Aucune femme n'est étudiée comme auteure en terminale L. Face à ce constat, Françoise Cahen, professeur au lycée Maximilien-Perret d’Alfortville, dans le Val-de-Marne, a mis en ligne sur le site Change.org une pétition demandant à Najat Vallaud-Belkacem de se saisir du problème des femmes auteures. "Cela fait déjà un certain nombre d'années que j'avais fait ce constat", explique sur Europe 1 l'enseignante, qui travaille en classe de terminale littéraire depuis quasiment 20 ans. "Je n'ai pas le souvenir d'une seule femme inscrite au programme de cette section", poursuit-elle. "Chaque fois que j'en parle autour de moi, tout le monde trouve ça anormal. J'ai pensé qu'il fallait tirer le signal d'alarme et faire quelques chose pour que ça change. J'ai donc lancé cette pétition il y a trois semaines."

"Il y a des questions à se poser". Quand les nouveaux programmes sont tombés, il y a quelques semaines, Françoise Cahen a constaté qu'encore une fois, aucune femme n'était présente. Elle a donc décidé d'agir. "Il faut absolument que nos jeunes filles, car ce sont souvent des filles qui sont en terminale littéraire, et les professeurs qui enseignent le français en terminale, puissent étudier aussi régulièrement des auteures", indique l'enseignante.

"Quelque chose qui imprègne notre inconscient culturel collectif". Quant à la raison d'une telle absence, Françoise Cahen "ne pense pas que ce soit intentionnel". "Ce n'est pas une misogynie qui est consciente, c'est pire que cela. C'est quelque chose qui imprègne notre inconscient culturel collectif. Les auteurs seraient des hommes", avance-t-elle. Selon elle, le problème ne concerne pas que les terminales littéraires, et les programmes de philosophie de terminale et les manuels d'histoire seraient également concernés. "Où est la place des femmes là-dedans ? Il y a beaucoup de questions à se poser", interroge-t-elle.

"Dans les concours de l’agrégation, il y a des femmes qui apparaissent, donc je m'interroge, pourquoi y'a-t-il ce problème en terminale ?", conclut Françoise Cahen. Selon Le Parisien, la ministre de l'Education serait sensible à cette question. Le cabinet de la ministre n'a cependant pas pris contact avec l'enseignante.