Ovidie : "Il suffit d’un seul clic pour avoir accès à une vidéo pornographique"

  • A
  • A
Partagez sur :

Ancienne actrice X et désormais réalisatrice, Ovidie alerte sur la très grande facilité d'accès aux plus jeunes à des contenus pornographiques parfois très violents.

INTERVIEW

Appelée "l’intello du X", Ovidie a commencé comme actrice porno avant de réaliser des documentaires ainsi que ses propres films X. Elle a même développé le concept de pornographie féministe. La réalisatrice, était l’invitée de l’émission Ceci dit, dimanche. Elle vient de publier le livre intitulé A un clic du pire. Bien placée pour évoquer un milieu qu'elle connaît bien, elle alerte sur la (trop) grande accessibilité du porno aux jeunes.

"Il peut y avoir le pire". Bien qu'elle regrette les schémas répétés de soumission de la femme dans le X, son propos actuel n'est pas une question de genre. Sa démarche, dit-elle, vise à "apporter un éclairage sans aucune panique morale" sur ces nouveaux modes de consommation du X. "J’alerte juste les parents et les autorités sur la consommation de porno par des mineurs qui passent par des sites qui ne respectent pas la loi française (...). L’âge moyen de la découverte du porno est descendue entre 9 et 11 ans en fonction du pays en Europe. On estime que 50% des garçons de 10 ans ont déjà vu un film pornographique."

La réalisatrice a choisi le titre de son livre pour souligner "qu’il suffit d’un seul clic pour avoir accès à une vidéo pornographique. C’est très frontal, il y a un accès H24 libre et gratuit à des millions de contenus, et parmi ces contenus, il peut y avoir le pire", non pas les "petits pornos à la papa des années 70", mais "des mises en scène de viol, des références à l’inceste, etc."

L'impact sur la construction de soi. Le filtrage et le contrôle parental n’y peuvent rien. "70% du porno consommé par des mineurs passe par des smartphones. On ne peut pas être tout le temps derrière leur dos." Et l’ex-actrice de souligner que le porno, qui pèserait 300 milliards de vues sur internet dans le monde en 2017, façonne autant que la publicité ou tout autre média. "Sur les garçons, ça a un impact sur la construction de la masculinité. Pour les filles, ça pose des questions de douleur, d’épilation. Des pratiques, taboues avant, sont devenues obligatoires. On n’est pas passé par une étape de liberté."