Mort de Rémi Fraisse : des lycées bloqués à Paris

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Mort de Rémi Fraisse : des lycées bloqués à Paris
@ EUROPE 1/Gérald Kierzek
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Un rassemblement lycéen en hommage au jeune opposant mort au barrage de Sivens et contre les violences policières s'est tenu jeudi à Paris

Ils étaient plus d'un millier de lycéens parisiens à manifester jeudi. Après avoir bloqué une vingtaine d'établissements, de nombreux lycéens sont descendus dans la rue pour exprimer leur indignation à la suite de la mort de Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive des gendarmes, fin octobre, sur le chantier du barrage du Sivens. Selon une source policière, 29 établissements étaient touchés : 15 totalement bloqués et 14 avec filtrage.

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Ce mouvement, à l'appel du collectif Mouvement Inter Luttes Indépendant (Mili), mais non relayé par les organisations lycéennes, s'est déroulé dans une ambiance plutôt bon enfant. Le quartier de la Nation a été l'un des plus touchés par les blocages, les accès à plusieurs établissements empêchés très tôt jeudi matin.

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Devant l'entrée du lycée Dorian, situé avenue Philippe-Auguste, une quarantaine de grosses poubelles vertes et un conteneur pour recyclage de verre ont été entassés sur plusieurs mètres de hauteur. Une banderole "Rémi, notre frère d'arbre" a été accrochée aux grilles. Dans l'encadrure d'une fenêtre voisine, un petit autel a été dressé avec un portrait de Rémi Fraisse, des bougies et des fleurs.

Des poubelles avaient également été massées devant les cinq entrées du lycée Arago, place de la Nation. Assis sur ces poubelles, les manifestants ne laissaient entrer que les élèves de BTS qui devaient s'inscrire pour le bac.

"Quand la police tue, les jeunes sont dans la rue". Accompagnés de quelques enseignants et étudiants, ils ont convergé en fin de matinée vers la place de la Nation, dans l'est parisien. "Quand la police tue, les jeunes sont dans la rue", ont scandé tout au long du parcours les manifestants reprenant des slogans éprouvés comme "police partout, justice nulle part".

Une ancienne Femen dans le cortège. En tête de cortège, la militante ex-Femen Amina Seboui, 19 ans, dit être là en tant que "lycéenne" pour se battre "contre toutes les injustices" et parce que "la police n'a pas le droit de tuer".



A Bastille, les manifestation s'amenuise. Au centre de la place, où une partie de la circulation a été interrompue, des adolescents escaladent la statue pour y accrocher une banderole en tissu rouge "La police assassine, R.I.P. Rémi". D'autres, sacs sur le dos ou même skateboard en main, brandissent une banderole

"Le lycée Paul-Valéry ne pardonne pas Cazeneuve", le ministre de l'Intérieur. Ils ont ensuite marché en direction de la Bastille puis de la place d'Italie, dans le sud-est de Paris où ils sont arrivés à la mi-journée moins nombreux.



Des oeufs lancés sur un commissariat. Au passage d'un poste de police, plusieurs manifestants ont toutefois lancé des fumigènes, des oeufs et des pétards contre la façade avant de huer des policiers au passage d'un autre commissariat.