Comment expliquer la mort d'Hervé Gourdel aux enfants ?

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Comment expliquer la mort d'Hervé Gourdel aux enfants ?
@ Reuters
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PÉDAGOGIE - Après la décapitation de l’otage français en Algérie Hervé Gourdel, voici quelques conseils pour en parler aux plus petits. 

Votre enfant n’échappera pas à l'information du jour : la décapitation de l'otage français en Algérie Hervé Gourdel. Même si vous faites attention à bien éteindre la télévision au moment du journal de 20h, même si vous n’allumez pas la radio, il sera forcément au courant. Entre internet et les bruits parfois mal interprétés à l’école, nul doute que l’événement arrivera jusqu’à lui. La pire des choses dans ces moments, c’est le silence des parents. Mais comment bien expliquer ce type de barbarie à vos enfants ?

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herve gourdel, 640

© SIPA

En parler entre adultes autour de l’enfant. Attention à ne pas brusquer l’enfant. Pas question de le prendre entre quatre yeux pour lui annoncer froidement la terrible nouvelle. Il vaut mieux en discuter entre adultes autour de lui. A ce moment-là, il pourra, en fonction de son âge, choisir ou non de poser des questions.

Quels mots faut-il utiliser ? Si l’enfant ne pose aucune question, il est bien évidemment inutile de le solliciter davantage. S’il est curieux, le psychiatre Boris Cyrulnik vous livre quelques conseils sémantiques. "Il faut que le discours soit paisible, cohérent, explicatif et sécurisant", explique-t-il au micro Europe 1. "Il faut dire à l’enfant qu’il a quelque chose à comprendre. Ce sont des ennemis, des gens qui ne sont pas forcément équilibrés, qui sont méchants. Il faut aussi lui expliquer qu’on va bien se défendre et bien se protéger. A ce moment-là, l’enfant pourra supporter cette épreuve".

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Faut-il expliquer le terme "décapitation" ? Là aussi, rien ne sert de pratiquer la politique de l’autruche. Dans la cour de récréation ou sur internet, les enfants risquent d’entendre ce mot. A partir de l’âge de 7 ans selon les spécialistes, il risque donc de vous poser la question. Expliquez-lui à ce moment-là qu’on a coupé la tête de la victime, sans donner plus de détails.