Mineurs de la "Jungle" de Calais : trois associations assignent la préfète devant la justice

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Mineurs de la "Jungle" de Calais : trois associations assignent la préfète devant la justice
Le gouvernement a mené mercredi et jeudi l'évacuation de l'ensemble des mineurs isolés vers des centres d'accueil dédiés disséminés en France.@ DENIS CHARLET / AFP
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Les associations demandent notamment le transfert au juge des enfants des noms, prénoms et destinations de chaque mineur, ainsi que la transmission à chaque centre d'un cahier des charges à respecter.

Trois associations ont plaidé jeudi devant le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais un recours en référé contre les départs des 1.600 mineurs de la "Jungle" de Calais vers des centres d'accueil en France, réalisés par l'Etat. Les Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti) demandent le transfert au juge des enfants des noms, prénoms et destinations de chaque mineur, ainsi que la transmission à chaque centre pour mineurs d'un cahier des charges à respecter.

"On leur a laissé croire qu'ils allaient rejoindre l'Angleterre". Deux jours après le démantèlement total de la "Jungle", le gouvernement a mené dans le calme mercredi et jeudi l'évacuation de l'ensemble des mineurs isolés encore présents vers des centres d'accueil dédiés disséminés en France. "On a vendu à ces enfants la montée dans les bus en leur laissant croire qu'ils allaient rejoindre l'Angleterre", a dénoncé à l'audience de vendredi Marie-Hélène Calonne, avocate des parties civiles. "Depuis les premiers placements en CAO, il y a déjà eu des fugues", a-t-elle ajouté.

"Nous ne contestons pas les fuites de mineurs, mais il s'agit de jeunes évaporés avant le démantèlement et qui sont ensuite revenus pour rejoindre le Centre d'accueil provisoire et bénéficier du regroupement familial", a répliqué David Foltz, représentant de la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio.

"Aucune atteinte à la liberté individuelle". En outre selon lui, "il n'y a eu aucune atteinte à la liberté individuelle des mineurs, en ce qu'il n'y a pas eu de contrainte à leur égard et en ce qu'ils ont été préalablement informés de la situation". Il a rappelé que deux représentants britanniques étaient présents dans chacun des cars. "Ce n'était pas au ministère de l'Intérieur et donc à la police de traiter cette opération, mais à l'aide à l'enfance du Conseil départemental. En faisant cela, on évince le statut d'enfant pour garder celui d'étranger", a fait valoir Me Calonne. Le tribunal a mis sa décision en délibéré à vendredi 9h.