Météo France va mieux prévoir les "épisodes méditerranéens" et leurs dangers

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Météo France va mieux prévoir les "épisodes méditerranéens" et leurs dangers
Un outil plus précis va être mis en place pour mieux anticiper les épisodes orageux et les précipitations qui les accompagnent@ VALERY HACHE / AFP
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Un nouvel outil va permettre à Météo France de mieux anticiper les "épisodes méditerranéens" qui, chaque automne, déversent des trombes d'eau sur le sud de la France. 

Météo France dispose désormais d'un modèle de prévision amélioré pour mieux anticiper les "épisodes méditerranéens", qui chaque automne déversent des trombes d'eau sur le sud de la France, a annoncé mercredi l'organisme national.

Une analyse plus précise.Les phénomènes orageux restent parmi les événements les plus rétifs à la prévision, en raisons des multiples facteurs concernés (vents, mer, températures...). C'est particulièrement problématique pour ces "épisodes", régulièrement sources de dégâts matériels et humains. Météo France a développé une version améliorée de son modèle informatique "Arome", qui fournit une prévision entre 36 et 48 heures à l'avance. Ce nouvel outil, en proposant 12 scénarios d'évolution au lieu d'un, permet aux prévisionnistes de fournir une analyse plus précise, notamment sur la localisation des précipitations. Déjà utilisé, il sera pleinement opérationnel au printemps 2017. "Ce sera un apport majeur dans le suivi des vigilances orange ou rouge", assure Alain Soulan, directeur général adjoint de Météo France.

Le Gard et l'Ardèche particulièrement touchés. Pas un automne ne se passe sans que le pourtour méditerranéen connaisse au moins un de ces épisodes, qui associe pluies orageuses intenses et forts cumuls d'eau, rappelle Véronique Ducrocq, chercheur à Météo France. Le phénomène peut concerner toute cette région, même si historiquement Gard et Ardèche sont les départements les plus touchés (en moyenne une fois par an), devant l'Hérault, la Lozère et la Haute-Corse (un épisode tous les un à deux ans).

34 morts en 1992. A l'origine, des vents marins puisent chaleur, humidité et énergie dans une mer chaude. En butant sur des reliefs, ces nuages montent, se condensent à la rencontre de l'air froid, et finissent par se décharger, stationnaires car bloqués par la montagne. Le 3 octobre 2015, 115 mm d'eau étaient tombés sur Mandelieu-la-Napoule, dans les Alpes-Maritimes, en une heure. En 1992, Vaison-la-Romaine, dans le Vaucluse, vit s'abattre 300 mm en 3-4 heures, des intempéries qui firent 34 morts. Ces intempéries peuvent cependant se produire avant l'automne (inondations de Draguignan, Var, en juin 2010), et aussi en plaine (des phénomènes physiques font office de reliefs pour bloquer les nuages). Les dégâts peuvent être conséquents notamment parce que cette région est dotée de bassins versants pentus et petits, assez vite débordés.

Multiplication des épisodes ? Avec le dérèglement climatique, "on peut s'attendre à ce que, à l'avenir, ces phénomènes soient un peu plus nombreux", pointe Alain Soulan. D'ores et déjà, "des signaux laissent penser que les épisodes seraient plus intenses ces dernières années", ajoute Véronique Ducrocq, même si rien n'est encore constaté sur le nombre d'événements. Côté information du public, Météo France offre désormais des animations radar plus précises en cas de vigilances orange ou rouge. Depuis cet été, l'application mobile propose aussi une pastille de notification du risque inondation par ville.