Menace terroriste : un rapport dénonce "l'inaction des pouvoirs publics" face au "danger" du salafisme

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Menace terroriste : un rapport dénonce "l'inaction des pouvoirs publics" face au "danger" du salafisme
@ ULI DECK / DPA / AFP
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La commission d'enquête à l'origine du rapport vise en particulier le "salafisme et l'intégrisme musulman qui alimentent la menace intérieure" contre laquelle les pouvoirs publics mettent régulièrement en garde.

Un rapport sénatorial consacré à la "menace terroriste" insiste sur son caractère "endogène" et déplore de "fortes inquiétudes pour l'avenir". Il dénonce en particulier "l'inaction coupable des pouvoirs publics" face au "danger" du salafisme.

"Menace intérieure". La commission d'enquête sur "l'organisation et les moyens des services de l'Etat pour faire face à l'évolution de la menace terroriste après la chute de l'Etat islamique" prend acte du renforcement et de l'adaptation des moyens de l'Etat, mais estime que le "traitement de la menace terroriste souffre de réelles insuffisances". Elle vise en particulier le "salafisme et l'intégrisme musulman qui alimentent la menace intérieure". Citant des chiffres des services de renseignement, le rapport estime que le salafisme en France, représenterait environ 130 lieux de culte et entre 40 à 60.000 adeptes.

"Le manque de courage conduit trop souvent à fermer les yeux sur la place du salafisme en France, tandis que certains individus surveillés ne sont pas toujours empêchés de passer à l'acte", déplore la commission d'enquête. Face à ce qu'ils estiment être une "inaction coupable des pouvoirs publics", les deux sénateurs appellent de leurs vœux "une déclaration politique forte, dénonçant clairement le salafisme comme l'ennemi des valeurs de la République".



Une liste de préconisations. Les deux sénateurs préconisent notamment une mobilisation de l'arsenal juridique ou encore d'inscrire le salafisme sur la liste des dérives sectaires de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Le rapport de la commission d'enquête dresse une liste de 63 propositions en matière de renseignement, d'organisation pénitentiaire, d'arsenal pénal ou encore de coopération internationale pour améliorer la réponse de l'Etat face à la menace terroriste dont plusieurs ont d'ores et déjà été retenues par les pouvoirs publics.

Ainsi faisant le constat d'une "impuissance des services à détecter la menace 'inspirée'", les deux sénateurs recommandent "de faire des maires des acteurs à part entière du renseignement et de les convier, en conséquence, aux groupes d'évaluation départementaux (GED), pour leur permettre d'accéder aux personnes signalées inscrites au FSPRT (fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste)" qui contient environ 20.000 noms. Une proposition polémique mais déjà envisagée par le chef de l'Etat dans un discours prononcé fin mai.