Maltraitances en cuisine : les plaintes s’accumulent

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Maltraitances en cuisine : les plaintes s’accumulent
@ AFP
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CAUCHEMAR EN CUISINE - Après Joël Robuchon, c'est le chef étoilé Yannick Alléno qui est accusé de coups et harcèlements par d'anciens employés de son restaurant.

Dans les coulisses des grands restaurants, se cache parfois l'enfer en cuisine. Après la plainte d'un ancien commis contre Joël Robuchon, c'est une autre star de la gastronomie française qui est mise en cause pour des supposées méthodes brutales. Selon Francetvinfo, le chef Yannick Alléno et son sous-chef auraient donné des coups et harcelé la brigade, dès leur arrivée au Pavillon Ledoyen, prestigieux restaurant parisien, en juillet dernier. Deux anciens cuisiniers le poursuivent aux prud'hommes pour licenciement abusif, coups et harcèlement.

"Les salariés vivent un cauchemar". "Depuis qu'Alléno a obtenu trois étoiles, il passe partout à la télévision. Moi, ça me dégoûte complètement. Je veux que les gens apprennent que derrière tout ça, les salariés vivent un cauchemar", lâche ainsi l'un des employés du célèbre restaurant du quartier des Champs-Elysées. "Ça a été l'hécatombe. Dans les cuisines, il ne reste pratiquement plus personne de l'ancienne équipe", poursuit cet employé. "Ils les ont tous fait craquer pour les mettre à la porte", selon cette source.

Coup de genou dans la cuisse. Une semaine après son arrivée dans le prestigieux restaurant, Yannick Alléno s'en serait physiquement pris à l'un des membres de la brigade durant le service après une erreur eût été commise dans la sélection d'un morceau de viande."Il l'a attrapé au niveau de l'épaule et lui a mis un coup de genou dans la cuisse", décrit une commis qui a assisté à la scène.

Contacté par Francetvinfo, Yannick Alléno dément et assure qu'il n'a "jamais porté atteinte physiquement" au cuisinier. "On était dans un climat social compliqué au mois de juillet. Mais je suis strict au niveau légal et je suis très attentif au bien-être de mes employés", poursuit le chef.

Casserole de sauce à la figure. Un autre commis raconte avoir fini par claquer la porte après une altercation avec le second de cuisine. En plein service, il rate un assaisonnement et s'attire les foudres de Sébastien Lefort. "Il a pété les plombs et m'a mis un chassé [NDLR : donné un coup de pied] dans la cuisse", affirme le cuisinier. Avant d'attraper une casserole de sauce pour la lui jeter dessus. "J'ai reçu des éclaboussures au visage qui m'ont brûlée." La aussi interrogé par francetv info, Sébastien Lefort nie avoir porté un coup physique au commis. Mais il reconnaît s'être emporté. "J'étais au passe-plat et le cuisinier a envoyé des girolles non cuites et non salées. Il est vrai que j'ai dit des mots que je n'aurais pas dû dire. Je lui ai dit : 'tu fais de la merde' devant tout le monde".

Face à une violence jugée récurrente dans les cuisines des grands restaurants, plusieurs chefs français avaient décidé, en novembre, d'interpeller leurs pairs pour "lever l'omerta" et "refuser la banalisation des petites violences ordinaires à tendance bizutage", dans la restauration.

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