Malaise à la prison d'Arles autour du comportement d'un surveillant

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L'attitude d'un gardien de la prison d'Arles, refusant de serrer la main de ses collègues féminines, suscite de nombreuses interrogations.

À la prison d’Arles, deux surveillants refusent depuis plusieurs mois de serrer la main de leurs collègues féminines. Cette attitude, faisant peser des soupçons de radicalisation, est dénoncée par les syndicats.

Si l’un des deux surveillants est actuellement en congé paternité, l’autre, qui porte la barbe, parle en arabe avec les détenus et s’isole de plus en plus, est toujours en activité. Son attitude vis-à-vis du personnel féminin lui a valu une convocation dans le bureau de la directrice de la centrale, où il a expliqué agir par convenance personnelle. Mais devant ses collègues, l’homme a livré une autre version. 

Les syndicats demandent des sanctions. "Il dit que sa religion lui interdit de serrer la main d’une femme. Dans notre boulot on a assez à surveiller des détenus, si en plus il faut surveiller notre soi-disant collègue… C’est ça qui me fait peur. On représente l’ordre de la République, donc nos croyances devraient rester à la maison. Moi, je demande des sanctions ", explique Laurent, délégué UFAP.

Obligation de respecter la laïcité. L’administration pénitentiaire ne veut pas faire de discrimination et veut d’abord prouver que l’attitude du gardien est bien motivée par des convictions religieuses. "Est-ce que quelqu’un qui va avoir une attitude religieuse dans le cadre de ses fonctions administratives peut être sanctionné ? Oui, parce que les agents administratifs ont une obligation de ne surtout pas manifester leur religion dans le cadre de leur fonction, et encore moins dans le cadre d’une prison. La question c’est : est-ce qu’ils ont envie de prendre une décision ?", interroge Maître Faupin, avocat au barreau de Tarascon.

Pour l’instant, l’administration pénitentiaire espère que le surveillant finisse par changer d’attitude.