Mad Pride : quand les "fous" défilent pour dénoncer les préjugés

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Mad Pride : quand les "fous" défilent pour dénoncer les préjugés
La Mad Pride en 2015 à Paris. @ AFP
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Entre 200 et 250 personnes ont défilé samedi dans les rues de Paris pour dénoncer les discriminations dont font l'objet les malades mentaux.

"Bipo ? Schizo ? Dingo ? Barjo ? Peut-être, mais citoyens avant tout". C'est le genre de "slogans" qu'on pouvait lire sur les banderoles de la troisième Mad Pride, qui s'est déroulée samedi après-midi à Paris.

Partis de l'hôpital Saint-Antoine, les manifestants ont défilé dans une ambiance festive en direction de la Place de la République au rythme de percussions et de fanfares, où le cortège est arrivé en fin d'après-midi. L'objectif de cette marche ? Dénoncer les préjugés et les discriminations dont font l'objet les malades mentaux. 

Une marche pour le droit des malades. Le cortège rassemblait entre 200 et 250 personnes, des patients et des proches des malades, ayant répondu à l'appel d'une dizaine associations. "Et la rue elle est à qui ? Elle est à nous, et la rue elle est à qui ? Elle est aux fous", scandaient les manifestants. "Nous sommes de nouveau dans la rue pour défendre les droits des malades mentaux, notamment leur droit à la dignité. Nous en avons assez de ne pas être considérés comme tout le monde", a indiqué Philippe Guérard, le président du collectif Mad Pride, à l'origine de la manifestation. Ce collectif entend sensibiliser le public contre les préjugés qui frappent les malades mentaux afin qu'il ne soient pas "disqualifiés et exclus de la communauté".

Il dénonce également la "maltraitance" à l'hôpital, avec le recours abusif à l'isolement et à la contention et réclame des soins et des accompagnements diversifiés ainsi que des aides pour le logement et le retour à l'emploi. "Dans le monde du travail, on ne peut afficher des troubles psychiatriques car c'est le placard ou la porte" alors qu'il s'agit de "pathologies qui peuvent se stabiliser à condition d'avoir le bon soin au bon moment", a souligné Annie Labbé, présidente de l'association Argos 2001 qui rassemble des personnes atteintes de troubles bipolaires et leurs proches.