Lettre de motivation, stage, algorithmes… Les dernières anicroches de Parcoursup

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Les futurs bacheliers ont jusqu'à mardi pour adresser leurs vœux sur Parcoursup, avec un écueil imprévu : la lettre de motivation. 

L'ENQUÊTE DU 8H

Dernière ligne droite pour les élèves de Terminale. D'ici mardi, ils doivent avoir formulé leurs dix vœux sur la nouvelle plateforme d'entrée dans les études supérieures, Parcoursup.

Une lettre de motivation, pour quoi faire ? Et la grande nouveauté qui plonge beaucoup d'élèves dans l'angoisse, c'est la rédaction d'une lettre de motivation d'un feuillet pour chaque formation à laquelle le lycéen postule. En tenant compte des vœux multiples, 30 à 40 lettres de motivation peuvent ainsi être rédigées, en plus d'un CV. Beaucoup de lycéens qu'Europe 1 a interrogés ne comprennent souvent pas pourquoi on leur demande ça. "J'ai galéré à écrire une lettre de motivation. Je pense à mon bac, pas à Parcoursup", peste une lycéenne. "Ça fait un peu bizarre d'écrire une lettre de motivation pour des études, normalement c'est pour un vrai boulot", s'agace un autre. "On dirait qu'on a 25 ans et qu'on va demander un entretien d'embauche…", souffle une élève.

"Ça ne sert absolument à rien". Devant tant de perplexité, certains sites d'orientation surfent sur le stress des lycéens et de leurs parents. Un site propose par exemple de remplir pour vous les vœux dans Parcoursup, pour 560 euros la formule, et jusqu'à 800 euros si la demande inclut une inscription à l'étranger. Pourtant, selon Jimmy Losfeld, le président de la Fage, premier syndicat étudiant, il s'agit là d'un business artificiel puisque ces lettres de motivation sont illégales. "Certaines universités profitent de la loi pour demander ces lettres de motivation. Mais la réalité, c'est que ça ne sert absolument à rien car ça ne peut même pas constituer un critère de sélection. D'autre part, la ministre avait promis que la lettre de motivation ne serait pas demandée pour aller sur Parcoursup", se fâche-t-il.

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Crédit : PAUL DEFOSSEUX, JEAN-MICHEL CORNU / AFP

Le recours aux algorithmes. Après la mise à mort d'APB, on n'est toujours pas certains qu'un humain puisse traiter chaque candidature. Les présidents d'université reconnaissent eux-mêmes qu'ils vont devoir utiliser des algorithmes - une sorte de mini-APB dans chaque université - pour faire un premier traitement des candidatures. Pour cela, ils vont donc tout simplement s'appuyer sur les notes des bulletins de Première et de Terminale, dans les filières très demandées.

Par ailleurs, les fameux stages de remise à niveau pour les étudiants un peu justes, qui figuraient parmi les annonces phares du gouvernement, ne pourront pas être proposés l'an prochain par la plupart des universités, faute de temps pour la mise en place et de moyens.