Les retraités manifestent jeudi, l'exécutif sous pression de sa majorité

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Les retraités manifestent jeudi, l'exécutif sous pression de sa majorité
Les retraités sont de nouveau appelés à défiler jeudi pour défendre leur pouvoir d'achat (image d'archives). @ CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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Pour la quatrième fois depuis un an, les retraités manifestent jeudi. Ils protestent notamment contre la hausse de la CSG dont ils demandent l'annulation. Des revendications portées également par une partie des députés de la majorité.

Les retraités, qui s'apprêtent à subir l'an prochain un coup de rabot sur leurs pensions après déjà la hausse de la CSG cette année, sont à nouveau appelés à manifester jeudi contre les choix budgétaires du gouvernement, que contestent aussi certains députés de la majorité.

Une quatrième manifestation. Les neuf syndicats et associations de retraités (CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR, LSR et UNRPA) déjà à l'origine des manifestations de septembre 2017, mars et juin 2018, ont convoqué cette quatrième journée de "mobilisation générale". Ils espèrent égaler, voire dépasser, la jauge du 15 mars, point d'orgue du mouvement jusqu'à présent, avec "environ 200.000 manifestants dans 162 manifestations", selon Gérard Gourguechon, de l'UNIRS-Solidaires.


La hausse de la CSG au centre des revendications. Leur première revendication reste l'annulation de la hausse de la CSG, entrée en vigueur en janvier et non compensée pour environ 60% des 16 millions de retraités, qui financent ainsi les baisses de cotisations pour les salariés. Le Premier ministre, Édouard Philippe, avait déjà dû faire une concession après le 15 mars, en promettant une "correction" pour "100.000 couples" aux revenus modestes. La mesure inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 concernera finalement "350.000 foyers".

Une mesure décriée par une partie de la majorité. Une amélioration jugée insuffisante par une vingtaine de députés LREM, qui ont adopté mardi en commission un amendement introduisant "plus de progressivité dans les taux de CSG" pour les retraités, contre l'avis du rapporteur général Olivier Véran. Révélatrice d'un désaccord entre le groupe majoritaire et le gouvernement, cette modification devra toutefois être à nouveau votée dans l'hémicycle la semaine prochaine pour être intégrée au PLFSS.

En revanche, les "marcheurs" ne discutent pas la sous-revalorisation des retraites de base, qui n'augmenteront que de 0,3% l'an prochain, quand la hausse des prix devrait atteindre 1,3%.

Les retraités paient le budget à l'équilibre de la Sécu ? Ce coup de rabot décidé par l'exécutif vise à économiser 2,8 milliards d'euros et à présenter ainsi un budget de la Sécu en excédent pour la première fois depuis 2001. Mais les retraités paieront ce redressement des comptes par "un recul manifeste de leur pouvoir d'achat", dénonce Michel Salingue, de la FGR.