Les élèves fâchés avec l'orthographe et la rédaction

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Une grande enquête du Conseil d'évaluation du système scolaire confirme une sévère baisse du niveau des élèves dans l'apprentissage du français.

Grammaire, écriture, orthographe... Le Conseil d'évaluation du système scolaire (Cnesco) le prouve avec une grande enquête : le niveau des élèves en français baisse de manière drastique. Les fautes sont ainsi beaucoup plus courantes qu'il y a 20 ans.  

Des statistiques inversées entre 1980 et 2018. De manière concrète, dans une dictée de cinq lignes de niveau CM2, dans les années 80, un tiers des élèves faisait moins de cinq fautes. Une petite minorité seulement ramenait une copie bariolée de rouge. Aujourd'hui, la tendance s'est totalement inversée. Pour la même dictée, les copies truffées de correction représentent 20% du total quand il n'y a plus que 8% de devoirs avec une orthographe quasi parfaite.

Grosses difficultés de rédaction. La conséquence directe est que les élèves rechignent à se lancer dans de grandes rédactions. Les statistiques en la matière sont cruelles : 40% des troisième chargés de rédiger un texte écrivent très peu. En 25 minutes, ils rédigent en moyenne 15 à 20 lignes. Obstacle supplémentaire : un tiers d'entre eux seulement écrit de manière lisible, en formant bien les lettres. Pis, les difficultés en rédaction entraînent des lacunes dans d'autres matières. Par exemple, en histoire-géo, 60% des élèves ne parviennent pas à produire un texte cohérent sur la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb.

Recommandations. Pour atténuer cette chute de niveau, le premier levier reste de davantage former les instituteurs. A l'heure actuelle, à peine plus de la moitié des enseignants de CM2 déclarent être formés à l'enseignement de la langue française. Par ailleurs, dans les classes, on passe beaucoup plus de temps actuellement sur la lecture (4h environ par semaine) que sur l'écriture (2h30). Des exercices sont par ailleurs préconisés pour favoriser le passage à l'écrit comme de faire de l'écriture une activité collective plutôt que de rester seul devant une feuille blanche ou habituer les élèves à plus utiliser le brouillon. Il s'avère utile pour résumer ou reformuler et c'est aussi une façon de dédramatiser et de développer la réflexion.