L'électrosensibilité reconnue pour la première fois en France

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L'électrosensibilité reconnue pour la première fois en France
@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Marine Richard qui souffre de syndrome depuis 2010 a obtenu de la justice une allocation pour adulte handicapé.

Elle souffre d'électrosensibilité depuis 2010. Marine Richard, 39 ans, a enfin obtenu gain de cause en obtenant de la justice une allocation pour adulte handicapé. C'est la première fois qu'en France un tribunal reconnaît ce syndrome, non reconnu comme une maladie et sur lequel les experts sont divisés. La plaignante est obligée de vivre recluse dans les montagnes en raison de ces troubles.

Une expertise médicale. C'est l'association Robin des Toits, militante de la sécurité sanitaire dans les technologies sans fil, qui a annoncé la nouvelle. Un récent jugement du "tribunal du contentieux de l'incapacité de Toulouse" transmis par l'association, reconnaît après expertise médicale que Marine Richard souffre du syndrome d'hypersensibilité aux ondes électromagnétiques dont "la description des signes cliniques est irréfutable".

Une aide pour aménager son logement. Par conséquence, la justice lui accorde une allocation pour adulte handicapé pour trois ans, éventuellement renouvelable. Marine Richard recevra ainsi une aide technique et un aide pour l'aménagement de son logement. "Cette reconnaissance par la justice est une grande première en France", a déclaré Etienne Cendrier, porte-parole de Robin des Toits.

En 2014, un homme souffrant d'électrosensibilité avait bien obtenu une aide financière de la part de la Maison départementale des personnes handicapées de l'Essonne, mais il s'agissait d'un accord à l'amiable et aucunement d'une décision judiciaire.

"Un grand pas en avant". Si Marine Richard a obtenu gain de cause, c'est qu'elle avait déposé un recours contre une décision de la la Commission des droits et de l'autonomie des personnes en situation de handicap de l'Ariège. Même si l'électrosensibilité n'est pas reconnue officiellement comme une maladie en France, "il s'agit d'un grand pas en avant pour la reconnaissance de ce syndrome, la justice - comme souvent - est en avance sur les politiques", se félicite Etienne Cendrier, qui espère par ailleurs que le jugement du tribunal de Toulouse fasse jurisprudence. Une loi de janvier dernier ne prévoit qu'un rapport début 2016 sur l'hypersensibilité aux ondes magnétiques, a ajouté le porte-parole de Robin des Toits.


C'est quoi l'électrosensibilité ? Ce syndrome se traduit par des des maux de tête, des picotements, des troubles du sommeil, des symptômes divers et transitoires. Mais comme ces symptômes sont communs à de nombreuses autres affections, ce mal peine à se faire reconnaître comme maladie. L'OMS a tout de même admis en 2005 que l'électrosensibilité était "caractérisée par divers symptômes non spécifiques qui diffèrent d'un individu à l'autre" mais qui "ont une réalité certaine et peuvent être de gravité très variable". Les victimes de ce syndrome pointent du doigt les antennes-relais, les portables, les téléphones sans fil ou encore le wifi comme étant à l'origine de leur maux. Mais, toujours selon l'OMS, il n'existe aucune base scientifique permettant de relier ce syndrome à l'exposition à des champs électromagnétiques.