Apprentissage de la lecture : Blanquer veut privilégier la méthode syllabique

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Apprentissage de la lecture : Blanquer veut privilégier la méthode syllabique
@ FRED TANNEAU / AFP
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Parmi la liste des réformes envisagées, le ministre de l'Education souhaite notamment changer de méthode d'apprentissage de la lecture à l'école primaire.

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait martelé que l'éducation était l'un de ses chantiers majeurs. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? Dans une longue interview accordée à nos confrères de L'Obs, le ministre Jean-Michel Blanquer détaille ses pistes de réformes.

Pour une majorité d'enseignants "chevronnés". Le ministre veut notamment reprendre en main la formation des enseignants. "Dès l'année à venir, nous allons faire monter en puissance la formation initiale et continue des professeurs", promet-il. Jean-Michel Blanquer ambitionne que "70 à 80% des intervenants soient des enseignants chevronnés ayant fait leurs preuves sur le terrain - ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui." Mais surtout, le ministre de l'Education souhaitent que "les futurs professeurs dédient un temps important à ce qui sera demain leur cœur de compétence". Et pour cela, il veut les encourager à se plonger dans les nouvelles méthodes d'apprentissage, "plus efficaces", affirme-t-il.

Des méthodes inspirées des neurosciences. Pour le primaire, Jean-Michel Blanquer touche à une matière explosive quand il évoque un changement des méthodes de lecture en CP. "Pour la lecture, on s'appuiera sur les découvertes des neurosciences, donc sur une pédagogie explicite, de type syllabique, et non pas une méthode globale, dont tout le monde admet aujourd'hui qu'elle a eu des résultats tout sauf probants", plaide-t-il. Pour rappel, la méthode globale consiste à apprendre à lire en reconnaissant les mots dans leur ensemble, tandis que la méthode syllabique privilégie l'apprentissage des lettres, des syllabes et des sons afin de former des mots. La méthode globale s'est taillée une mauvaise réputation depuis plusieurs années, étant notamment accusée de favoriser la dyslexie. 

Pour révolutionner l'apprentissage, Jean-Michel Blanquer s'inspire également à l'étranger. "Pour les mathématiques, on pourra s'intéresser par exemple à ce qui se passe à Singapour, puisque tout le monde reconnaît l'excellence de leur enseignement", avance le ministre.

Les autres réformés envisagées

  • Rendre les internats plus attractifs

Parmi les autres pistes de réformes, le ministre de l'Education évoque la réhabilitation des internats. Un enjeu "crucial", affirme-t-il. 40.000 places en internats sont vacantes aujourd'hui. Le ministre veut notamment y attirer les enfants des grandes villes, et des quartiers populaires, en les dépoussiérant et en renouvelant l'offre pédagogique. "Un internat, ce n'est ni un hôtel ni une prison. Ce doit être un internat-liberté, qui offre à la fois un cadre et une ouverture à la culture, au sport, à la nature, à des opportunités qui n'existent pas toujours dans les milieux défavorisés", défend Jean-Michel Blanquer.

  • Des classes de sixième spécialisées

Le ministre souhaite également rendre les collèges publics plus attractifs afin de retenir les bons élèves. Ainsi, il veut encourager la création de classes de sixième "musique", "sport", "langues", ou même "nature". Toutes ces spécialités pourraient exister au sein de l'établissement. "Pas de hiérarchie entre elles. Juste une prise en comptes des désirs et des talents de l'enfant", défend-il. Toutefois, le ministre ne précise pas s'il s'agit d'options ou de pré-orientation.

  • Le recrutement direct des professeurs par le principal

Le ministre veut pousser plus loin l'autonomie des collèges - seul vestige de la réforme portée par Najat Vallaud-Belkacem lors du précédent mandat - en permettant le recrutement direct des professeurs par le principal du collège. "Il est logique que le chef d'établissement ait un rôle à jouer en matière de recrutement. Cela se pratique d'ailleurs dans les lycées français à l'étranger et participe à leur rayonnement (…) On va en discuter sereinement dans les mois à venir", précise Jean-Michel Blanquer.