Caricatures de Mahomet : le prof de Mulhouse ne sera pas sanctionné

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Caricatures de Mahomet : le prof de Mulhouse ne sera pas sanctionné
@ AFP
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DÉRAPAGE - Cet enseignant en art plastique d’un collège de Mulhouse avait été suspendu. Sa sanction a été levée. 

Après les attentats des 7, 8 et 9 janvier à Paris, des incidents avaient été recensés dans plusieurs collèges et lycées du pays pendant la minute de silence en hommage aux victimes de ces deux massacres. Quelques jours plus tard, un professeur avait choisi de montrer à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet, parfois même contre la volonté de certains collégiens. Suspendu quatre mois pour ce dérapage, sa sanction a finalement été levée.

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"C’est moi le maître ici". Selon le récit du rectorat, l'enseignant aurait présenté, "sans explication aucune", une caricature de Mahomet nu. "Vous devez regarder ça", avait-il alors lancé à ses élèves. "Lorsque l’un d’entre eux lui a répondu 'Moi, ça me gêne', le prof aurait immédiatement rétorqué : 'je suis le chef de mon cours, c’est moi le maître ici… Tu peux sortir ta kalachnikov !"

Le recteur avait vivement condamné l’enseignant… Jacques-Pierre Gougeon, recteur de l’académie de Strasbourg s’était montré très sévère juste après l’incident. "J’ai eu 20 courriers d’élève qui relatent tous la même chose", avait-il expliqué la semaine dernière. "Le terme kalachnikov apparaît dans toutes les lettres. On peut montrer des caricatures de Mahomet mais pas n’importe comment et pas avec cette violence de réaction".

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… avant de se raviser. Sérieux rétropédalage quelques jours plus tard. Le recteur de l’académie de Strasbourg fait désormais montre de beaucoup plus de compréhension. "Il y a eu un petit moment de tension dans le cours mais tout ça ne mérite pas d’engager des procédures disciplinaires", explique Jacques-Pierre Gougeon. "Il n’y a pas faute professionnelle", poursuit-il avant de louer le travail des professeurs dans cette période compliquée. "Je veux vraiment leur rendre hommage parce que c’est difficile de devoir faire face à des questionnements sur l’état de la société ou le dialogue entre les religions".