Le juge rejette la demande de l'Etat de fermer les échoppes de la "jungle" de Calais

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Le juge rejette la demande de l'Etat de fermer les échoppes de la "jungle" de Calais
@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Le juge administratif a rejeté vendredi la demande de l'Etat de fermer les échoppes de la "jungle" de Calais. 

Le tribunal administratif de Lille a débouté vendredi la préfecture du Pas-de-Calais de sa demande en référé de fermeture des commerces informels installés dans le camp de la "jungle" de Calais, selon le texte de la décision communiqué à la presse.

Des conditions "pas remplies pour faire droit". Dans son ordonnance, le juge estime que "les préoccupations exprimées par le préfet du Pas-de-Calais sont tout à fait compréhensibles" mais que "les conditions d'urgence et d'utilité requises" par la loi "ne sont pas remplies pour faire droit" à sa demande "que soient expulsés les gérants des 72 structures de vente illégales recensées" sur le site. Le juge des référés Jean-François Molla ne conteste pas que ces commerces "ne bénéficient d'aucune autorisation administrative" et que "certaines structures (....) ne respectent pas les règles sanitaires les plus élémentaires".

"Des lieux de rencontre apaisés entre migrants". Toutefois, souligne-t-il, "ces épiceries, cafés, restaurants remplissent d'autres fonctions" que l'alimentation des migrants qui "vivent dans des conditions de précarité extrême et de total désœuvrement. Ces lieux, ajoute-t-il, "constituent des lieux de rencontre apaisés entre migrants et avec (les) bénévoles (...)". Environ 4.500 migrants vivent sur ce site selon la préfecture, plus de 9.000 selon un comptage de deux associations rendu public vendredi.

"C'est un sursis". "On est satisfait d'avoir été entendus par le juge", explique à Europe 1 François Guennoc, secrétaire de l'association l'Auberge des migrants. "Mais, sur le fond, rien n'est résolu", nuance-t-il. Le bénévole rappelle en effet que les restaurants, s'ils ne seront pas détruits, sont néanmoins fermés depuis une opération de police menée à la mi-juillet. "Or, ces restaurants répondent à 15% des besoins alimentaires des migrants", assure-t-il. La jungle se retrouve donc dans une situation compliquée entre une "surpopulation" et "une situation alimentaire sous tension". "Une étincelle peut mettre le feu aux poudres", avertit encore François Guennoc, pour qui la décision du Tribunal n'est qu'un "sursis".  

"La Préfecture prend acte". Dans un communiqué, la Préfecture du Pas-de-Calais dit elle "prendre acte" de la décision du Tribunal. Mais, elle annonce qu'elle poursuivra de lutter contre "ces lieux de vente à la sauvette" qui ne respectent "aucune des règles sanitaires en vigueur", présentent "des risques importants en matière de sécurité incendie" et génèrent "des troubles à l'ordre public en entretenant une économie souterraine".