Le général Philippe Rondot est mort

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Le général Philippe Rondot est mort
A la retraite depuis 2005, Philippe Rondot avait été longtemps un des piliers du renseignement français.@ MARTIN BUREAU / AFP
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Philippe Rondot, qui a été un des acteurs de l'affaire Clearstream, a été inhumé samedi dans la plus grande discrétion à Flety dans la Nièvre.

INFO EUROPE 1

Le général Philippe Rondot est mort à l'âge de 81 ans. Il a été inhumé samedi dans la plus grande discrétion à Flety, dans la Nièvre. À la retraite depuis 2005, il avait été longtemps un des piliers du renseignement français. Il a aussi été l'un des acteurs de l'affaire Clearstream, cette affaire basée sur des carnets qui avaient mis au jour les relations entre services secrets et pouvoir politique.

"Un homme droit et intègre". Son ancien avocat, Maître Eric Morain, s'est dit "infiniment triste". "C'était une de mes plus belles rencontres professionnelles et aussi amicales. Je garde le souvenir d'un homme droit et intègre avec le souci de la préservation de la réputation de nos Services chevillé au corps. C'était un spécialiste de ces pays où, jusqu'à une période récente, il était le seul à aller en solitaire pour y nouer des contacts et en rapporter de précieux renseignements", a-t-il confié au micro d'Europe 1. "Il est mort comme il a toujours voulu vivre : en secret", a ajouté l'avocat.

Un mystérieux "Max". Pendant des années, il a été "Max", son pseudonyme, dans les services secrets. Officier brillant, il était passé par l'ancienne DGSE puis la DST. Le général Rondot est un homme de l'ombre qui s'est illustré avec l'arrestation au Soudan du terroriste Carlos en 1994.

La manie de tout noter. Il était un homme de terrain attaché à ne jamais laisser sortir de photos de lui, mais aussi un homme de cabinets, notamment au ministère de la Défense, pendant huit ans. Philippe Rondot était un "graphomane patenté", avec l'habitude de tout noter, heure par heure, sur des carnets.

Clearstream, un travail mené pour Villepin. En 2005, chez lui, derrière une porte blindée dans son vestibule, les juges d'instruction en charge de l'affaire Clearstream découvriront ses fiches. Car le général a enquêté sur ces étranges listings, de comptes occultes auprès d'une société luxembourgeoise, un travail mené avait-il dit, à la demande de Dominique de Villepin, veille connaissance et ennemi de Nicolas Sarkozy. Philippe Rondot, scandalisé d'être mêlé à l'affaire même s'il n'est finalement pas mis en cause, a toujours eu un doute : celui que Villepin ait su dès le début que le document était un faux. En 2009, il l'avait répété, droit comme un "i" devant le tribunal, pour le procès d'une machination qui aura mis dans la lumière ce général-espion et ses mystérieux carnets.