Un coiffeur traité de "PD" : "pour nous, il y a eu discrimination"

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Les prud'hommes n'ont pas estimé "homophobe" le fait qu'un coiffeur, licencié, ait été traité de "PD" par sa manager. Un représentant du défenseur des droits dénonce un "préjugé" et l'accompagnera en appel. 

INTERVIEW

En janvier 2016, le conseil des prud'hommes de Paris n'avait pas jugé "homophobe" le licenciement d'un coiffeur homosexuel, traité de "PD" par sa manager dans un SMS reçu par erreur. La période d'essai de l'employé avait été rompue pour "insuffisance professionnelle". Slimane Laoufi, chef du pôle emploi privé au Défenseur des Droits, a jugé que cette décision relevait du "préjugé" au micro d'Europe 1, vendredi. 

"L'illogisme de la décision". "On est sur un stéréotype qui dit que dans le secteur de la coiffure il y a plein d'homosexuels et donc il ne peut pas y avoir d'insulte homophobe", a expliqué le représentant du Défenseur des Droits. "Ce seul préjugé dédouane de la discrimination. C'est là l'illogisme de la décision : d'un côté on dit ce n'est pas homophobe, mais on condamne quand même l'employeur parce qu'il y a injure." Le conseil des prud'hommes a en effet condamné à 5.000 euros de dommages et intérêts pour licenciement abusif. 

"C'est intolérable d'avoir écrit cela". "La position du défenseur des droits est d'accompagner cette personne devant la cour d'appel, en disant que pour nous il y a eu discrimination à cause de son orientation sexuelle", a annoncé Slimane Laoufi. "Nous voulons aussi dire aussi à la cour d'appel que c'est intolérable d'avoir écrit cela dans une décision de conseil des prud'hommes." Selon le jugement, "dans le contexte de la coiffure", ce terme "ne peut être retenu comme propos homophobe, car il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles notamment dans les salons de coiffure féminins, sans que cela ne pose de problème".