Laurence Rossignol sur le sexisme : "malgré les lois, les résultats ne sont pas au rendez-vous"

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Sur Europe 1, la ministre du Droit des femmes, Laurence Rossignol, a présenté sa campagne de lutte contre le sexisme.

INTERVIEW

La ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a lancé la semaine dernière une campagne contre le sexisme, intitulée "Sexisme pas notre genre !". Objectif : susciter une prise de conscience et changer les comportements à l'égard des femmes.

"Ce sur quoi on butait, ce n’est pas une affaire de loi". "Je vis dans une société où les hommes et les femmes constatent qu’on a des lois et que pour autant, les résultats ne sont pas au rendez-vous", explique-t-elle sur Europe 1. "Je me suis demandé, de ma place de ministre, comment faire avancer la société plus rapidement pour que l’égalité progresse, et j’ai constaté que ce sur quoi on butait, ce n’est pas une affaire de loi, mais d’organisation globale de la société. Cela vaut notamment pour les inégalités salariales, qui sont nourries aussi par le sexisme."

Le monde du travail, premier lieu de discrimination. "C'est dans le monde du travail que les femmes se sentent le plus dévalorisées. C’est là qu’elles essuient des propositions, du harcèlement, des remarques sexistes sur leur tenue vestimentaire et sur leur apparence physique", avance la ministre. "Si un de vos collègues fait une remarque raciste à la machine à café, vous allez réagir. Il y a une réprobation du  groupe auquel il appartient qui va intervenir. Or, pour la misogynie ou le sexisme, c’est en général l’inverse qui se passe. Si la femme essuie une plaisanterie graveleuse d’un de ses collègues, c’est elle qui n’a pas d’humour. Si jamais elle se rebelle, c’est elle qui ne va pas être invitée au pot du vendredi soir et pas lui."

Entendu sur Europe 1
 200.000 femmes sont victimes de violences en France

"Tous les quartiers, tous les milieux". Surtout, le sexisme touche "tous les quartiers, tous les milieux", insiste Laurence Rossignol, qui précise que "200.000 femmes sont victimes de violences en France". "Le sexisme concerne d’abord les femmes, mais les stéréotypes qui vont avec peuvent aussi être très pesants pour les garçons", continue-t-elle. "Quand j’entends qu’un petit garçon ne pleure pas, bien sûr qu’il peut pleurer et un homme très fort peut aussi pleurer, et ce n’est pas une perte de virilité que de manifester ses sentiments. Cette campagne mène la bataille culturelle pour faire évoluer la société dans son ensemble."

Une plateforme numérique a ainsi été mise en place, sur laquelle les associations peuvent déposer leurs initiatives pour lutter contre le sexisme et ainsi être "labellisées". L'interface recueille également des informations sur les recours possibles face à certains actes sexistes et des témoignages.