Landes : deux ans ferme pour un détenu ayant agressé des surveillants de prison

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Landes : deux ans ferme pour un détenu ayant agressé des surveillants de prison
La peine vient s'ajouter aux 20 ans de réclusion criminelle que le détenu purge actuellement.@ MEHDI FEDOUACH / AFP
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Un détenu de 23 ans a été condamné mardi à deux ans de prison ferme pour avoir agressé sept surveillants le 15 janvier dernier au centre pénitentiaire Pémégnan, à Mont-de-Marsan.

Un détenu de 23 ans a été condamné mardi à deux ans de prison ferme pour l'agression, le 15 janvier dernier, de sept surveillants du centre pénitentiaire Pémégnan à Mont-de-Marsan, dans les Landes, où il purgeait une peine de 20 ans de prison pour meurtre.

Des "scènes de violence à froid". À l'issue de ce procès sous le régime de la comparution immédiate qui s'est déroulé sous haute sécurité avec forces de l'ordre cagoulées et lourdement armées, le tribunal de Mont-de-Marsan a donc suivi les réquisitions du procureur Olivier Janson qui avait demandé "a minima deux ans" contre Ilyes Tafer pour ces "scènes de violence à froid" ayant entraîné plusieurs incapacités de travail. Un renvoi sur intérêts civils a été fixé au 14 mai.

"C'était pas prémédité, c'était pas pour Dieu". Ayant crié plusieurs fois "Allah Akbar" ("Dieu est le plus grand" en arabe) en fin d'agression, Ilyes Tafer, qui faisait l'objet d'un suivi pour risque de radicalisation, a expliqué : "Quand j'ai fini au sol, j'ai dit 'Allah Akbar' pour chercher du réconfort, ce n'était pas de la provocation. Je suis musulman, croyant, ce n'est pas pour autant que je suis radicalisé, c'était pas prémédité, c'était pas pour Dieu." 

Ilyes Tafer, qui, juste après l'agression, avait été transféré au centre pénitentiaire de Gradignan, en Gironde, a cependant reconnu une partie des faits de rébellion et violences, affirmant notamment n'avoir pas supporté la palpation proche de ses parties génitales alors qu'il y avait caché une cuillère qu'il devait, selon lui, donner à un codétenu. "En me débattant, j'ai dû blesser mais ce n'était pas volontaire", a-t-il dit. "J'aurais pas dû les agresser, j'ai pris une mauvaise décision et je regrette", a-t-il ajouté, se tournant vers certains des surveillants présents dans la salle pour s'excuser.

Déjà condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Cette peine vient s'ajouter aux 20 ans de réclusion criminelle qu'il purge actuellement pour sa participation au lynchage mortel de Kevin Noubissi, étudiant en master de 21 ans, et Sofiane Tadbirt, éducateur de 22 ans, dans un parc d'Échirolles près de Grenoble, le 28 septembre 2012. Pour ces faits jugés en 2015, il est libérable en 2030, selon le parquet.

L'homme avait déjà agressé à deux reprises des "représentants de l'autorité publique" après sa condamnation à l'issue du procès de double meurtre d'Échirolles, tenu à huis clos à Grenoble en 2015. Avant cela, Ilyes Tafer avait été condamné en 2012 pour avoir poignardé le vigile d'un supermarché : âgé de seulement 18 ans, il était sorti de prison treize jours avant de récidiver à Échirolles.