La violence des scènes de pillages à Saint-Martin laisse craindre le pire

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Après le désastre laissé par l'ouragan Irma, des habitants de Saint-Martin assistent à des scènes de pillages dans les maisons et les commerces par des braqueurs organisés.

REPORTAGE

Après les scènes de désolation laissées par l’ouragan Irma, les habitants de l’île de Saint-Martin assistent à des scènes de violences. Depuis le passage de l’ouragan, des pilleurs dévalisent les commerces et les maisons de l’île. Sur les hauteurs de Marigot, la capitale de la partie française, où Europe 1 s'est rendue, les habitants se passent le mot : il faut se barricader face à l’approche des braqueurs qui montent jusqu’ici après avoir dévalisé tous les magasins du centre-ville.

Un même mode opératoire. "Il y a le désastre du cyclone, et la détresse des pillages. Ce ne sont pas que des denrées alimentaires (qu’il volent), c’est tout !", déplore Clara, qui a assisté à des scènes de pillages. "Sur des magasins déjà éventrés, on peut le pardonner... mais casser du magasin pour piller, c’est odieux !", rage encore cette habitante, qui décrit le mode opératoire de ces bandes de braqueurs : "les premiers arrivent en scooter pour repérer, puis vont chercher des familles entières qui vident les magasins, avec des pick-up. Il y en avait même qui avaient leur sac et qui attendaient les rotations des voitures."

"On les attend, on est armés aussi." Ces braqueurs sont parfois des voisins des personnes qu’ils volent, et qui les reconnaissent. Lloyd a surpris des pilleurs en flagrant délit dans son magasin, alors qu'ils étaient habituellement des clients. "Ça fait 25 ans ans que j’habite ici, depuis l’âge de 7 ans. Et ce qui me dégoûte aujourd'hui, ce n’est pas le cyclone : c’est cette mentalité de merde de ces gens ! Ils pillent et peuvent être armés… ", raconte cet habitant. Alors Lloyd et d’autres habitants du quartier ont décidé d’être solidaires : "On les attend, on est armés aussi", lance-t-il comme un avertissement.

Désormais, Lloyd et ses voisins attendent l’arrivée des militaires qu’ils ne voient toujours pas dans les rues. Les gendarmes ont pris position autour d’un supermarché, qui se trouve être dorénavant le poumon de l’île : c’est le seul qui n’a été ni détruit par l’ouragan ni pillé.