La promesse d’accueillir 30.000 réfugiés d’ici 2017 s’éloigne de plus en plus

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La promesse d’accueillir 30.000 réfugiés d’ici 2017 s’éloigne de plus en plus
@ AFP
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Selon le Journal du Dimanche, la France n’a accueilli que 1.330 demandeurs d’asile sur les 30.000 promis d’ici à 2017.

"La France s’engage à accueillir 30.000 demandeurs d’asile". Voilà ce qu’avait déclaré le Premier ministre Manuel Valls sur le plateau de France 2 en septembre 2015. Mais un an plus tard, la promesse semble difficilement réalisable. D’après le Journal du Dimanche, seuls 1.330 réfugiés ont été accueillis depuis. Les associations, elles, ne sont pas étonnées mais nuancent ce mauvais chiffre.

Le détail des chiffres. Toujours selon le quotidien du 7e jour, ces relocalisations concernent 213 demandeurs d’asile en provenance des côtes italiennes et 1.099 depuis la Grèce. Pierre Henry, le directeur général de France Terre d’Asile, rappelle, lui, qu’au niveau européen l’objectif était de relocaliser 160.000 réfugiés en deux ans. "Actuellement, nous en sommes à un peu plus de 6.000", explique-t-il à Europe 1.

Un cas loin d’être isolé en Europe. Et effectivement, si l’on compare la France aux autres pays européens, l’Hexagone est loin d’avoir le bonnet d’âne. Bien au contraire. "La France reste de loin le pays qui en accueilli le plus", assure à Europe 1 Geneviève Garrigos, porte-parole et ancienne présidente d’Amnesty International France. Pierre Henry dénonce lui le manque de solidarité en Europe qui n’accueille pas assez de réfugiés.

L’objectif des 30.000 ? "Je ne vois pas comment". Face à ce constat, la France peut-elle encore prétendre accueillir 30.000 personnes d’ici 2017 ? "Si nous restons sur la tendance actuelle, cela semble irréalisable", tranche Geneviève Garrigos. "Si nous n’avons pas réussi en un an à réaliser plus d’un trentième de l’objectif, je ne vois pas comment, en un an, nous pourrions atteindre l’objectif fixé de 30.000", renchérit Pierre Henry.

Le directeur général de France Terre d’Asile dénonce aussi "un climat qui n’est pas forcément propice à l’accueil". "Vous avez des élus qui s’y opposent et ils sont de tous bords politiques", ajoute-t-il.

Quelles initiatives ? Les associations demandent donc à ce que la France accélère le mouvement. "Notre pays doit montrer l’exemple aux autres pays européens pour qu’ils en fassent autant", affirme Geneviève Garrigos. La ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a elle annoncé au Monde le doublement du nombre de places d’accueils pour les migrants. Ces centres devraient ainsi atteindre les 5.000 places "avant la fin septembre" contre 2.000 actuellement. A Paris, un centre humanitaire pour migrants doit également ouvrir avant la fin septembre.