La PMA pour toutes "maintenant", réclament 25 associations

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La PMA pour toutes "maintenant", réclament 25 associations
@ AFP
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"Sans attendre la prochaine révision des lois de bioéthique, ouvrons dès maintenant l'accès à la PMA pour les femmes lesbiennes et célibataires", exigent les 25 associations.

25 associations LGBT, familiales ou de défense des droits de l'Homme réclament dans une tribune parue mercredi dans le quotidien Le Mondel'ouverture de la PMA à toutes les femmes "sans attendre" 2018, comme l'envisage l'exécutif.

"Ne laissons-pas un espace à l'homophobie". Mardi, la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a affirmé que l'ouverture de ces techniques procréatives aux femmes célibataires et aux couples lesbiens se ferait "probablement" en 2018 "avec les révisions de la loi bioéthique". "Sans attendre la prochaine révision des lois de bioéthique, ouvrons dès maintenant l'accès à la PMA pour les femmes lesbiennes et célibataires", exigent les 25 associations, dont SOS homophobie, l'Union des familles laïques ou encore la Ligue des droits de l'Homme. "Ne laissons-pas un espace à l'homophobie pour qu'elle envahisse une nouvelle fois la place publique", remarquent ces structures, en référence aux débats extrêmement houleux autour du mariage pour tous en 2012-2013.

"Construire un consensus". Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s'était dit "favorable" à l'ouverture à toutes les femmes de la procréation médicalement assistée, quand celle-ci est actuellement réservée aux seuls couples hétérosexuels infertiles. Il avait toutefois ajouté vouloir "construire un consensus le plus large possible" sur ce sujet. "Faire croire qu'un débat serein serait possible avec celles et ceux qui se sont toujours opposés au progrès - droit à la contraception, à l'IVG, au mariage pour tous - ne trompera personne : on ne peut pas débattre face au dogme", dénoncent les signataires.

L'hostilité d'une partie de l'Eglise. Les Associations familiales catholiques ont appelé mardi l'exécutif à "ne pas rouvrir inutilement des débats de société", "à plus forte raison si les conditions d'une concertation apaisée ne sont pas réunies". Fin juin, l'Eglise avait appelé Emmanuel Macron à ne pas "réveiller les passions". "Pour les enfants français déjà nés par PMA et élevés par deux mères, les prises de positions auront des conséquences sur leur construction identitaire. Ces enfants lisent, écoutent et observent ces débats. Quel signal enverrions-nous à ces enfants si l'on s'autorisait à dénigrer, à caricaturer publiquement leur mode de conception ?", s'interrogent les 25 associations, rappelant que l'homophobie "dévaste des ados, des hommes et des femmes qui restent souvent dans l'ombre, elle brise des familles, elle tue".