La loi Travail peut-elle encore bouger ?

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Malgré sa promulgation début août, les syndicats entendent toujours se mobiliser contre la loi El Khomri. Une journée d'action est prévue jeudi dans toute la France.

Après un premier tour de chauffe, mercredi dernier à Nantes, les syndicats hostiles à la loi Travail s'apprêtent à relancer la mobilisation avec une journée de manifestations dans toute la France, prévue jeudi 15 septembre. Lundi sur Europe 1, le secrétaire-général de la CGT Phiippe Martinez a une nouvelle fois demandé l'abrogation de la loi promulguée début août. Le "projet de loi n'était pas bon au printemps, la loi n'est pas bonne à l'automne", a-t-il notamment martelé pour expliquer pourquoi il demande la poursuite des manifestations.

L’exemple du CPE. Pour accréditer la thèse d'une abrogation, les adversaires de la loi rappellent le précédent du CPE, le contrat première embauche voté en 2006 et qui n'est pourtant jamais entré en application. Jacques Chirac avait alors contraint son premier ministre, Dominique de Villepin, à retirer la mesure devant le mouvement de fond qu'elle avait déclenché. Mais la situation, aujourd'hui, n'est pas la même : la loi a été promulguée (et non pas "simplement" votée) et certaines mesures sont déjà entrées en vigueur. Le gouvernement met d'ailleurs les bouchées doubles pour que la quasi-totalité des 127 décrets d'application prévus sortent avant la fin de l'année.

Agir sur le terrain juridique. Bloquer ce processus par de nouvelles grandes manifestations semble donc illusoire mais les adversaires de la loi pensent pouvoir agir sur un autre terrain : au niveau juridique, national mais aussi international. Le texte, disent-ils, s'oppose en plusieurs points aux règles internationales du travail et des recours sont en préparation. Par ailleurs, il sera toujours possible, à l'occasion de l'application de la loi dans les entreprises, d'en appeler au conseil constitutionnel. Bref, à défaut d'obtenir le retrait du texte, ses adversaires espèrent en fragiliser la mise en oeuvre. 

Le secrétaire général de la CGT souhaite aussi faire des questions sociales un enjeu majeur de la campagne présidentielle.