Jacques Toubon sur les contrôles d'identité : "Ils doivent devenir objectifs"

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Le défenseur des droits, Jacques Toubon, invité jeudi sur Europe 1, a rappelé une nouvelle fois qu'il était favorable "à la mise en place d'attestations de contrôle d'identité" pour éviter les contrôles à la tête du client.

INTERVIEW

"Je propose que les contrôles d'identité deviennent objectifs. Que l'on sache où on les fait, qui les fait et pourquoi on les faits. Et que les personnes qui y sont soumis aient une possibilité de recours." Jeudi, sur Europe 1, Jacques Toubon, le défenseur des droits, invité à l'occasion de la sortie du rapport annuel d'activité du Défenseur des droits pour 2016, a rappelé qu'il existait des efforts à faire en matière de déontologie des forces de sécurité. Il a également indiqué être favorable à la mise en place de récépissés de contrôle d'identité. "L’enquête que nous avons faite l'année dernière sur 5.000 personnes objective les choses. 80 % des personnes interrogées disent 'nous ne sommes pas contrôlées, nous n'avons pas de problème avec la police'. Et 16 %, qui sont des jeunes hommes noirs ou arabo-magrebins, expliquent que les contrôles d'identité viennent vers eux. Ce sont des contrôles subjectifs", constate-t-il.

"Un problème de cohésion sociale". "C'est un fait de société. Si la police, qui sont les gardiens de la paix, n'est pas comme un poisson dans l'eau dans l'ensemble des quartiers, c'est un vrai problème de cohésion sociale", ajoute Jacques Toubon.

Une enquête de déontologie. Il y a plusieurs jours, le défenseur des droits à ouvert une enquête sur l'affaire Théo, ce jeune homme très violemment interpellé lors d'un contrôle de police à Aulnay-sous-bois. Un policier a été mis en examen pour viol et ses trois collègues pour violences volontaires en réunion. "Je vais vérifier si le comportement de ces policiers a été conforme aux règles de déontologie professionnelle. Je ne suis pas un juge, mais la position qui est la mienne, qui est indépendante, permet de me prononcer sans me préoccuper de ce qu'on pensera", précise Jacques Toubon.