Immeuble effondré : "Noailles meurt, Marseille pleure" : des milliers de personnes pour les victimes de la rue d'Aubagne

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Plusieurs milliers de Marseillais ont défilé samedi en hommage aux victimes de l'effondrement de deux immeubles, qui a fait huit morts, alors que la partie d'un balcon s'est écroulée lors du passage du cortège. 

REPORTAGE

Scène incroyable samedi après-midi, à Marseille. Au moment où passait le cortège de la marche blanche en hommage aux huit victimes de l'effondrement de deux immeubles lundi, rue d'Aubagne, une partie du balcon d'un bâtiment s'est écroulée, faisant trois blessés légers. 

"On est en colère !". Parmi les participants, 8.000 selon la police, beaucoup ne s'en sont pas rendu compte, en raison de la longueur du cortège. Mais l'information a rapidement circulé et a attisé la colère de manifestants. "C'est grave", lance d'une forte voix une femme. "Les politiciens font des travaux qui n'ont pas lieu d'être et le principal n'est pas fait, c'est pas normal !", poursuit-elle. "Il y a des gens qui sont morts et aujourd'hui encore, un balcon s'écroule. C'est grave !". Puis elle se joint au mot d'ordre de la foule : "On est en colère ! On est en colère !", répète-t-elle. 

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À la tristesse du drame de la rue d'Aubagne s'est ajouté la colère de l'effondrement d'une partie d'un balcon, lors de la marche blanche. Photo AFP. 

"Il faut continuer à vivre". Jusque-là, le cortège défilait dans le calme, avec une seule banderole en tête, "Noailles meurt, Marseille en deuil", tenue par des proches des victimes, en larmes. "Je suis triste pour elle", explique une dame, dans un sanglot, faisant allusion à l'une des femmes mortes dans l'effondrement de l'un des deux immeubles. "Je suis triste pour elle, et pour tous les autres voisins", ajoute-t-elle. "Il ne faut pas les oublier et il faut surtout continuer à vivre. Pour eux".

Lundi, cinq hommes et trois femmes sont morts. Parmi eux, de nombreux amis de Pape Maguette, un jeune Sénégalais mort sous les décombres de son immeuble, brandissaient des portraits du jeune hommes, dreadlocks sur la tête.

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Un homme tient la photo d'une des victimes de l'effondrement de deux immeubles de la rue d'Aubagne. Photo AFP. 

Une marche de la colère prévue mercredi soir.  Le silence de ce recueillement a finalement volé en éclats, à l'approche de la mairie. Des appels à la démission, des slogans hostiles - "Gaudin, démission !" - ont été scandé par les manifestants, en référence au maire, Jean-Claude Gaudin, qui cristallise les critiques depuis le drame de lundi (voir encadré). Une minute de silence suit, suivie d'une longue salve d'applaudissements, dans une grande émotion. Les collectifs de quartiers, à l'initiative de la marche blanche, appellent maintenant à une "marche de la colère", mercredi soir.

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Le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin cristallise la colère des habitants, qui reprochent à la municipalité sa politique sur l'habitat. Photo AFP. 

Dans la cité phocéenne, au moins 40.000 logements indignes selon un rapport

Tout au long de la semaine, les critiques à l'égard de la gestion de Jean-Claude Gaudin (LR), aux manettes de la ville depuis 23 ans, n'ont cessé de croître. Un rapport remis en 2015 au gouvernement faisait état de 40.000 logements indignes à Marseille, menaçant la sécurité de près de 100.000 habitants (Marseille en compte plus de 860.000 selon l'Insee). Une enquête a été ouverte et confiée à la police judiciaire pour déterminer les circonstances exactes de la catastrophe et d'éventuelles responsabilités.