Qui sont les "freegans", qui se nourrissent dans les poubelles ?

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Qui sont les "freegans", qui se nourrissent dans les poubelles ?
@ AFP
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DÉFINITION - Trois personnes ont été reconnues coupables mais dispensées de peine pour avoir volé des denrées périmées dans les poubelles d'un supermarché. Deux d'entre eux se revendiquaient du "freeganisme". 

Les "freegans", vous en avez sûrement déjà croisé sans le savoir. On les voit parfois en train de fouiller les cageots à la fin du marché ou de faire les poubelles à la sortie du supermarché. Pour eux, la démarche est politique. 

Une étymologie explicite.  Le terme "freeganisme" a été formé à partir de deux mots anglais : "free" ("libre", "gratuit", mais aussi "marché") et "vegan" (ce mouvement qui rejette toute exploitation des animaux). Le terme n'a pas vraiment d'équivalent en français même si, dans l'esprit, on peut le rapprocher du "déchétarisme" ou du "gratuivorisme".

Un mouvement altermondialiste. Les freegans rejettent la société de consommation et le matérialisme en général. Un rejet jusqu'au-boutiste qui les pousse à limiter au maximum leur consommation. Pour vivre et se nourrir, ils récupèrent donc tout ce qui peut l'être dans les déchets. Le mouvement est né au milieu des années 1990 aux Etats-Unis où un documentaire - Dive ! - leur a été consacré. Historiquement, le mouvement s'inscrit dans la tradition du glanage qui existe, en France notamment, depuis le Moyen-âge. Le freegansime ne concerne cependant pas seulement le domaine de la nourriture : l'idéologie défend aussi le "travailler moins" et la pratique du squat.

Des supermarchés de plus en plus vigilants. Les personnes reconnues coupables mardi mais dispensées de peine par le tribunal correctionnel de Montpellier se revendiquaient comme "freegans". Le procès illustre bien une situation de plus en plus courante : cibles privilégiées des freegans, les supermarchés sont de plus en plus nombreux à prendre les devants pour couper court à ce phénomène. En mettant du javel sur les denrées périssables pour qu'elles ne soient pas récupérées ou, comme c'était le cas pour le supermarché de l'Heyrault, en stockant leurs déchets dans des containers derrière des grilles verrouillées.