Hypersexualisation chez les petites filles : "des conséquences lourdes"

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La psychothérapeute Nicole Prieur et la journaliste Guillemette Faure étaient les invitées d'"Il n'y en a pas deux comme elle" vendredi, pour évoquer l'hypersexualité chez les petites filles.

Quatre ans, c'est l'âge à partir duquel la marque Jours après Lunes propose des soutiens-gorge. Derrière cet exemple se cache un constat bien réel : 84 % des mamans estiment que l’image des petites filles va en se dégradant. Les filles deviennent-elles trop sexy, trop jeune ? Le constat est en tout cas partagé par Nicole Prieur, psychothérapeute, et Guillemette Faure, journaliste au magazine M le monde et auteur de Le meilleur pour mon enfant ? Elles étaient toutes les deux invitées de "Il n’y en a pas deux comme elle", vendredi.

De Disney à Barbie. L'hypersexualisation des petites filles possède des marqueurs facilement identifiables. S'il ne faut pas voir le mal partout, la vigilance est de mise du côté des parents. "Si une petite fille entre trois et six ans se prend pour une princesse, il n'y a pas de problème. À partir de 7-8 ans, si elle prend des poses lascives, si elle va trop loin dans la provocation du désir (...) : là, on brûle les cartes sur un plan identitaire", estime Nicole Prieur.

Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. Parmi elles, le brouillage des frontières entre le monde adulte et le monde enfant. "Ce côté mini-femme (taille marquée, très apprêtée), on le retrouve dans les univers pour enfants", relève la journaliste Guillemette Faure. Héroïnes de dessin-animé, jouets, vêtements : les objets qui participent à ce brouillage ne manquent pas. Symbole de ces changements, "les poupées Monster High qui ont pris la place des Barbies". Des poupées ultra-sexy en "mini-short, bas résilles et talons compensés" auxquelles jouent "des filles de 5-6 ans", selon la journaliste.

"Les conséquences sur le plan psychique sont lourdes et longues". Pour ces jeunes filles, les conséquences, une fois la vingtaine atteint, peuvent être désastreuses. "Quand à 8-12 ans, vous n'avez pas la maturité psychique pour supporter le regard désirant d'un homme, il y a un trouble, un effroi. Et plus tard, à 18-20 ans, cela revient comme une forme d'inhibition", confie Nicole Prieur. Ces jeunes femmes vont alors "avoir peur du regard des hommes (...) Les conséquences sur le plan psychique sont lourdes", conclut-elle.

>> Retrouvez l'intégrale de l'émission "Il n'y en a pas deux comme elle" :