Gossip : la créatrice "choquée par l'utilisation de son application"

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Cindy Mouly, la créatrice de l'application "Gossip", a défendu sur Europe 1 son application qu'elle vient de réactiver, après l'avoir suspendue plusieurs jours.

INTERVIEW

Son application est accusée d'alimenter le cyber-harcèlement. Cindy Mouly, la créatrice de l'application "Gossip", assure mercredi sur Europe 1 que son application, fermée quelques jours puis rouverte, dispose désormais d'un système de modération suffisant pour limiter les dérapages. Clairement destinée à un public adolescent, cette application, qui propose aux utilisateurs de poster anonymement une rumeur via un texte de maximum 140 signes, est accusée de favoriser le harcèlement, et donc de conduire certains jeunes au pire. Cindy Mouly se dit elle-même "choquée par l'utilisation" de son application et la "perversion des utilisateurs".

"C'est un divertissement". Cindy Mouly est d'abord revenue sur l'idée initiale de cette application. Lancée fin mai, "Gossip" qui signifie "potin" en anglais est directement inspirée de la série américaine Gossip Girl, reconnaît la créatrice. Cette série raconte le quotidien de la jeune élite New-yorkaise, à travers la mystérieuse voix de Gossip Girl, qui sait tout, et surtout, relate tout sur un blog, sans jamais dévoiler son identité. "J'ai eu l'idée, il y a cinq-six ans en regardant la série Gossip Girl. Ensuite, les années ont passé, j'étais installée en terrasse avec des amies, on se racontait, on s'amusait et j'ai eu envie de recréer cette même bonne ambiance", détaille-t-elle.

Aujourd'hui utilisée pour prendre pour cible quelques jeunes, l'application avait en effet pour but, selon sa créatrice, "de rester bon enfant". "Ça reste que de l'amusement, c'est fait pour taquiner, pour s'amuser, on le fait tous de notre coté. C'est un divertissement", insiste Cindy Mouly.

"Choquée par la perversion des utilisateurs". Un divertissement qui peut tourner au cauchemar pour les jeunes ciblés par ces rumeurs, reconnaît toutefois la créatrice de l'application. "J'ai été moi-même choquée par l'utilisation de mon application, par la perversion des utilisateurs, par les propos diffamatoires. Je n'ai pas attendu que les médias s'en mêlent pour mettre pour l'application en veille", déclare-t-elle.

"J'interdis mon frère et ma sœur d'être sur l'application". "Gossip" a donc été fermée quelques jours et vient de rouvrir avec des consignes de modération plus strictes. "J'ai créé une liste de mots ou quoi qu'il arrive, c'est automatique, le message est radié. J'ai également créé un signalement où la personne qui écrit est radiée de l'application au bout de cinq signalements. L'application est interdite au moins de 16 ans, grâce au filtre iTunes de Apple. Sauf que la plupart du temps, les jeunes utilisent le compte et la carte bleue de leurs parents", reconnaît Cindy Mouly, qui applique les mêmes consignes à ses utilisateurs qu'à ses frères et sœurs.

"J'interdis mon frère et ma sœur d'être sur l'application, parce qu'il n'ont pas l'âge respecté pour être sur le site. Et je leur ai demandé de dire à leurs amis de ne pas télécharger l’application. Même s'ils sont là, à dire : 'c'est ma sœur qui a créé l'application'. Ils sont jeunes encore, je ne veux pas", assure-t-elle.

"Ce n'est pas l'idée qui n'est pas bonne, mais l'utilisation des utilisateurs". Pour Cindy Mouly, cette application met en lumière un problème de fond sur Internet : le cyber-harcèlement, dont elle n'est pas responsable. "J'ai soulevé un réel problème c'est le cyber-harcèlement. Mais je suis contre le cyber-harcèlement", insiste la créatrice de l'application. Cette dernière ne compte pas fermer "Gossip" pour autant et estime qu'il en va de la responsabilité des utilisateurs.

"Ce n'est pas l'idée qui n'est pas bonne, mais la façon dont les utilisateurs utilisent l'application. Ils continuent à écrire ce genres de propos. Malgré toute la polémique qu'il y a eu autour, malgré les enfants qui ont été harcelés, qui ont été touchés par cette histoire, ils continuent", déplore-t-elle, en espérant seulement que son système de modération limite la casse.