Facs surchargées : "on ne peut pas accueillir dans des conditions aussi terribles"

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Pour Sophie de Tarlé, rédactrice en chef du Figaro Etudiant et invitée mardi d'Europe Midi, la sélection est le meilleur moyen de lutter contre la surcharge de certaines filières dans les universités.

Les universités françaises sont-elles sur le point de craquer ? Elles vont devoir accueillir 40.000 étudiants supplémentaires cette année, alors qu’elles sont déjà soumises à la pression démographique. Les étudiants sont particulièrement nombreux en sciences et techniques des activités physiques, en droit, en psychologie et en première année de médecine. La fac d'Angoulême a même été obligée de procéder à des tirages au sort.

Un double problème. Une situation qui devrait continuer de s’aggraver si rien n’est fait, souligne Sophie de Tarlé, rédactrice en chef du Figaro Etudiant, puisque l’on prévoit, selon ses chiffres, 106.000 étudiants en plus en 2024. La spécialiste pointe à la fois un problème d’infrastructures et d’orientation. "Il faut des moyens pour accueillir les jeunes, on ne peut pas les accueillir dans des conditions aussi terribles", explique-t-elle au micro d’Europe midi, citant notamment l’exemple de l'université Paris V. "On en est à commander des tables plus petites pour pouvoir caser les étudiants. C’est assez terrible, sachant qu’à l’université, il y a 30% d’échecs en première année."

Une sélection à l'université. "Et puis, il y a un problème d’orientation dans le sens où, aujourd’hui, tout le monde peut s’inscrire", relève la journaliste. "S’inscrire en médecine, avec n’importe quel bac, ça ne sert à rien, puisque pour reprendre l’exemple de Paris V, en dix ans jamais personne n’a obtenu la deuxième année de médecine avec un bac autre que scientifique." Pour cette spécialiste, la sélection à l’entrée à l’université pourrait être la solution, même s’il parait difficilement imaginable que cette mesure soit un jour adoptée. "Personne ne veut mettre les étudiants dans la rue, aucun gouvernement ne veut faire ça, ce serait trop dangereux politiquement".