Expulsions locatives : "Une véritable catastrophe sociale"

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La trêve hivernale démarre mercredi. Pendant cinq mois, aucun locataire ne pourra être expulsé du logement qu'il occupe.

INTERVIEW

C'est un répit de cinq mois que bon nombre de locataires attendaient. La trêve hivernale a démarré mercredi 1er novembre. Elle empêche l'expulsion d'un locataire de son logement. L'an dernier, 15.220 ménages ont été mis à la porte, un niveau jamais atteint en France.

"Un locataire sur dix concerné". Pour Jean-Baptiste Eyraud, président de l'association Droit au Logement, invité de la matinale d'Europe 1 mercredi, cette hausse est particulièrement inquiétante, et elle concerne plus de ménages qu'on ne le croit. "Il y a eu 1,78 million de jugements d'expulsion (à distinguer de l'expulsion effective) en France rendus depuis dix ans. C'est un locataire sur dix", dénonce-t-il. Pour le militant, si rien n'a bougé en matière d'accès au logement depuis toutes ces années, c'est en grande partie la faute des politiques, "de droite et de gauche". "C'est une véritable catastrophe sociale que les gouvernements n'ont pas voulu réellement prendre en compte", s'agace-t-il. 

Pourquoi une telle hausse des expulsions ? Le président de l'association Droit au Logement liste quatre raisons qui expliquent la hausse des expulsions locatives en France. "Les loyers ont augmenté d'environ 50% depuis le début des années 2000, ce qui n'a pas été le cas des revenus des locataires. Il y a une paupérisation des locataires", souligne-t-il. Par ailleurs, "les APL ont été raboté d'année en année. Le dernier en date, de 5 euros, il fait mal, car c'est vraiment sur l'os", juge Jean-Baptiste Eyraud. La dernière raison est souvent moins mise en avant, mais elle n'en demeure pas moins prégnante : la rénovation urbaine. "On modernise la ville et cela encourage à augmenter les prix", indique le militant. La trêve hivernale doit s'achever, comme chaque année, le 31 mars.