Un camp de Roms évacué à Paris : "On est Européens, pourquoi on n'a pas de droits ?"

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Un camp de Roms évacué à Paris : "On est Européens, pourquoi on n'a pas de droits ?"
Près de 135 cabanons avaient été installés sur le boulevard Ney, dans le 18e arrondissement de Paris. @ Alain JOCARD/AFP
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Un camp où vivaient près de 400 Roms dans le 18e arrondissement de Paris a été évacué mercredi matin. 

Un campement où vivaient jusqu'à récemment près de 400 Roms, installés depuis juin sur les rails désaffectés de la "Petite ceinture", dans le nord de Paris, a commencé à être évacué mercredi matin.

135 cabanons installés sur la voie ferrée. L'évacuation, qui a débuté vers 7h15, fait suite à une décision de justice, saisie par SNCF Réseau qui est propriétaire du terrain. Les services de la préfecture de police de Paris avaient dénombré 135 cabanons où vivaient des familles dans des conditions d'hygiène précaires et avec des moyens de chauffage rudimentaires, laissant craindre des risques d'incendie. 

Redirigés vers des centres d'hébergement. Alors que le jour n'était pas encore levé, quelques dizaines de personnes, leurs maigres possessions sous le bras, ont grimpé dans des bus qui devaient les conduire vers des centres d'hébergement. "On est Européens, pourquoi on n'a pas de droits ?", a demandé l'un d'eux. Des CRS se sont déployés autour du bidonville, constitué d'une centaine de cabanes faites de planches de bois et de matériaux de récupération. Il ne restait mercredi matin qu'une petite partie des habitants de ce campement, qui en a compté jusqu'à 400. La moitié avait déjà quitté les lieux en début de semaine, en raison des rumeurs d'évacuation prochaine.

Plus de 11.000 Roms évacués de force en France en 2015. Cent soixante-treize "personnes vulnérables", dont huit enfants scolarisés, avaient été recensées lors d'un diagnostic sanitaire la semaine dernière, selon la préfecture d'Ile-de-France, qui fait état de quatre cas de tuberculose. Selon un récent rapport associatif, plus de 11.000 Roms ont été évacués de force de leurs campements en France en 2015, avec peu de solutions de relogement à la clé.