Évacuation à Calais : "Pas de raison que nous utilisions la force publique"

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L'arrêté de la préfecture du Pas-de-Calais sur l'évacuation de la zone sud de la "jungle" expire mardi à 20 heures. La préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio s'est voulue optimiste sur Europe 1.

INTERVIEW

"Ce n’est pas parce qu’il y a un arrêté d’évacuation que la force publique va être employée" pour évacuer la partie sud de la jungle de Calais, a déclaré la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio mardi dans la Matinale d'Europe 1. L'arrêté d'expulsion pris par la préfecture expire mardi à 20 heures. Lundi, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé que cette évacuation se ferait "de façon progressive et en privilégiant à chaque instant le dialogue, la persuasion et l'information des migrants". "Si chacun joue le jeu, il n'y a pas de raison que nous utilisions la force publique", insiste la représentante de l'Etat.

"Une évacuation pour leur proposer un logement". "L’Etat respecte les décisions de justice et j’espère que toutes les parties prenantes feront de même", a-t-elle expliqué à propos du référé déposé devant le tribunal administratif de Lille pour reporter l'expulsion. Huit associations, qui n'ont pas réussi à obtenir le report de l'évacuation, ont mis en oeuvre cette procédure d'urgence. Elles craignent qu'aucun hébergement ne soit proposé aux migrants après leur expulsion. La juridiction doit rendre sa décision mardi après-midi. "C’est une évacuation pour leur proposer un logement", se défend Fabienne Buccio.

"Je vous rappelle qu’il y a quelques mois, nous avions été condamnés par à peu près les même associations parce que justement, nous laissions vivre des personnes dans des conditions indignes. L’Etat s’est mis en position de répondre", a-t-elle ajouté en rappelant la création de 1.500 places d'hébergement dans des conteners. En novembre, la justice avait condamné l'Etat à mieux aménager la jungle, après un autre référé déposé par plusieurs associations.

La frontière est étanche". Selon Fabienne Buccio, la frontière entre la France et le Royaume-Uni est désormais "étanche" et plus personnes ne peut passer illégalement, d'où la nécessité d'"apporter une réponse humaine". "Nous avons déjà accueilli 2.600 personnes dans des centres d’accueil et d'orientation", affirme-t-elle. "Environ 85% d'entre elles y sont restées et plus de 80% de ces personnes restantes ont demandé l'asile en France."