Etats généraux de l'alimentation : pour le consommateur, "il n'y a rien de concret dans le projet de loi"

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Olivier Andrault, chargé de l’alimentation à UFC-Que choisir, déplore que les premières propositions du gouvernement, dans le cadre des états généraux de l'alimentation, se concentrent d'abord sur les rapports entre producteurs et grande distribution, parfois au détriment du consommateur.

INTERVIEW

La montagne va-t-elle accoucher d'une souris ? Après cinq mois de travaux, les Etat généraux de l'alimentation se clôturent cette semaine. Et pour Olivier Andrault, chargé de l’alimentation à UFC-Que choisir, les transcriptions faites par le gouvernement des propositions formulées par les différents acteurs – notamment les associations de consommateurs et les syndicats -, ne vont pas assez loin dans de nombreux domaines. "On a quand même un doute. Il y a un projet de loi qui a été présenté et qui ne contient comme disposition que des éléments concernant la contractualisation, c'est à dire les négociations commerciales entre les agriculteurs, les éleveurs et puis l'industrie et la grande distribution", pointe-t-il jeudi, au micro d'Europe 1 Bonjour.

Des propositions "anecdotiques". "Sur la qualité sanitaire, la qualité nutritionnelle, la transition écologique, il n'y a rien de concret dans ce projet de loi", déplore Olivier Andrault, qui relève "essentiellement des choses anecdotiques" sur ces trois thématiques. "Par exemple, sur la restauration collective, [le projet de loi] propose un minimum de produits issus de l'agriculture biologique et locale, sans donner de chiffres. C'est utile, mais c'est très insuffisant par rapports aux propositions formulées pendant les débats pendant ces cinq derniers mois", explique-t-il.

Transition écologique de l'agriculture française. "Il faut rappeler qu'il y a des choses extrêmement bien qui ont été proposées comme recommandations au gouvernement", souligne Olivier Andrault, toujours au micro d'Europe 1. "On peut citer par exemple, dans le domaine de la sécurité sanitaire - il y a quand même eu plein de scandales ces derniers temps -, la proposition de donner une définition beaucoup plus stricte des perturbateurs endocriniens. […] On demande également plus de contrôles officiels. Etant donné que l'on a une mondialisation de l’alimentation; il est important de voir ce qu'il se passe pour les ingrédients qui arrivent à nos frontières", détaille-t-il. "Il y a eu des recommandations très positives pour amener l'agriculture, encore très intensive actuellement, à s'élever vers des modes de production plus protecteur de l'environnement, notamment en faveur de l'agriculture biologique et écologique", ajoute-t-il. 

Des plans pour compenser les blancs dans la loi. Concernant la mise en place d'un seuil de revente à perte de 10% sur les produits alimentaires, une mesure destinée à soutenir les producteurs, Olivier Andrault estime que le porte-monnaie du consommateur en pâtira. "Je vous le dis franchement, nous allons marquer à la culotte le gouvernement sur deux choses : sur l'impact inflationniste du relèvement du seuil de vente à perte – entre 800 millions et un milliard d'euros payés par le consommateur-, et, deuxièmement chose, en ce qui concerne toutes les autre mesures, pour le coup très utiles, recommandées dans le cadre des débats, nous allons vérifier qu'elles sont mises en œuvre dans le cadre de plans, car il n'y a rien actuellement dans la loi : plan pour la diminution de pesticides, plan pour l'amélioration de la qualité nutritionnelle, et plan sur la qualité sanitaire et les perturbateurs endocriniens", avertit le responsable associatif.