Enseigner l'arabe à l'école : "Une fausse bonne idée", estime Luc Ferry

L'ancien ministre de l'Education nationale, Luc Ferry, s'est montré assez sceptique à l'idée que l'apprentissage de l'arabe soit renforcé à l'école.
L'ancien ministre de l'Education nationale, Luc Ferry, s'est montré assez sceptique à l'idée que l'apprentissage de l'arabe soit renforcé à l'école. © EUROPE 1
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Clémence Olivier , modifié à
Pour Luc Ferry, philosophe et ancien ministre de l'Education nationale, invité mardi au micro de Nikos Aliagas, sur Europe 1, enseigner la langue arabe à l'école risque "de faire entrer l'islamisme dans l'Education nationale."
INTERVIEW

"Est-ce qu'il s'agit de lutter contre l'islamisme ou de le faire entrer dans l'Education nationale ?" Mardi, au micro de Nikos Aliagas, sur Europe 1, l'ancien ministre de l'Education nationale, Luc Ferry, s'est montré assez sceptique à l'idée que l'apprentissage de l'arabe soit renforcé à l'école publique. C'est ce que préconise un rapport de l'Institut Montaigne dévoilé dimanche. Selon Hakim El Karoui, qui a rédigé ce rapport autour d’un Islam de France, enseigner l’arabe à l’école permettrait d'anticiper tout prosélytisme. 

"Très peu de contrôle sur le recrutement". "Je pense que c'est une fausse bonne idée. L'Éducation nationale a très peu de contrôle sur le recrutement. Qui va enseigner ? Est-ce que ce sera une islamisation de l'Education nationale ? Est-ce que c'est une bonne idée pour lutter contre l'islamisation de la France ? Je ne sais pas..."

L'apprentissage précoce, "un très bon projet". En revanche, l'ancien ministre estime qu'un apprentissage des langues précoce "quelles qu'elles soient, arabe ou autre langue", comme le recommande Jean-Michel Blanquer, actuel ministre de l'Education, "est un très bon projet". "C'était mon grand projet de faire enseigner les langues étrangères dès le CP", insiste Luc Ferry. "Tous les biologistes nous le rappelle, après 12 ans la plasticité des connexions neuronales se fige et l'on n'apprend plus aussi aisément qu'avant".

  

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici