En troisième semaine, la grève des avocats ne faiblit pas

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En troisième semaine, la grève des avocats ne faiblit pas
@ FRANCOIS LO PRESTI / AFP
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Aide juridictionnelle : en dépit de concessions de Christiane Taubira, les avocats en grève entendent maintenir la pression après une réunion lundi.

En dépit de concessions de Christiane Taubira, les avocats en grève entendent maintenir la pression, après une réunion qui a permis lundi de relancer les négociations pour une réforme concertée de l'aide juridictionnelle.

Une aide juridictionnelle "à bout de souffle". Alors que le conflit est entré dans sa troisième semaine, le CNB a appelé à une grève générale jusqu'à mercredi pour exiger de Christiane Taubira qu'elle renonce à ponctionner les avocats pour financer l'aide juridictionnelle (AJ) -dispositif permettant aux plus démunis d'avoir accès à un avocat- et surtout pour exiger une revalorisation de la rémunération des avocats qui la pratiquent. Après quinze jours de bras de fer, les deux camps sont au moins d'accord sur le diagnostic: l'aide juridictionnelle est à "bout de souffle".

"Non à une justice à deux vitesses". Sur le terrain, la grève générale a progressé: "Lundi à la mi-journée, sur 164 barreaux en France, il y en avait 156 en grève de l'aide juridictionnelle (aucun avocat commis d'office désigné) et parmi ces barreaux en grève, 93 étaient en grève générale (appel à ne plaider aucune affaire)", selon le CNB. Des avocats en tenue se sont rassemblés partout en France sur les marches des palais de justice, en bloquant parfois l'accès, pour exprimer leur colère. "Non à une justice à deux vitesses", "Taubira, tu ne piétineras pas les avocats" proclamaient des pancartes à Toulouse.

Un amendement présenté en novembre. Christiane Taubira se targue d'être la seule ministre de la Justice à avoir pris le problème à bras le corps ces dernières années: l'AJ, un acte relevant de la charité devenu un service public en 1972 et doté d'un barème propre de rémunération en 1991, n'a pas été revalorisée depuis 2007. Face à la fronde, la garde des Sceaux a successivement renoncé à demander une participation financière aux avocats et promis de revoir leur rémunération: cela se fera via un "amendement présenté lors de l'examen du budget au Sénat" à la mi-novembre, a-t-on répété lundi place Vendôme.