En fuite depuis 24 jours, le braqueur Redoine Faïd aperçu mardi à Sarcelles

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Les gendarmes ont poursuivi un véhicule qui refusait de se soumettre à un contrôle, mardi dans le Val-d'Oise. Deux hommes s'en sont échappés, dont l'un a été identifié comme étant le braqueur évadé. 

Redoine Faïd, en fuite depuis 24 jours après sa spectaculaire évasion de la prison de Réau, a réussi à échapper à une interpellation mardi après-midi, après une poursuite de gendarmes et de policiers, dans le Val d’Oise.

Des analyses ADN en cours. D’après les informations d’Europe 1, les gendarmes ont repéré deux individus cachés dans les buissons, semblant effectuer du repérage à proximités d'entreprises sur la commune de Domont, en fin d'après-midi. Après un refus d'obtempérer, les militaires ont pris en chasse le véhicule des deux hommes. La Laguna, équipée de fausses plaques, a fui en direction de Sarcelles, poursuivie par des gendarmes renforcés par un équipage de BAC, avant de s’engouffrer dans le parking du centre commercial My Place de Sarcelles.

C’est là qu’elle a été retrouvée, alors que le conducteur et son passager avaient réussi à prendre la fuite à pied. Ils sont parvenus à s’échapper mais l’un des deux hommes a été identifié comme étant Redoine Faïd. La police judiciaire travaille pour établir avec certitude qu'il s'agit bien du braqueur en fuite, notamment en exploitant la vidéosurveillance et les traces ADN laissées dans le véhicule.

Fausses plaques et déguisements. Le centre commercial a été évacué durant plusieurs heures pour intervention des démineurs après la découverte d’explosifs et de détonateurs dans le coffre. Les pains de plastic et la matière explosive sont en cours d’analyses. Des jeux de fausses plaques d’immatriculation et des déguisements ont également été retrouvés. 

"Habitué à la cavale", Redoine Faïd est présenté par la police judiciaire comme un "individu dangereux". Il a été condamné en avril à 25 ans de réclusion pour son rôle d'"organisateur" dans un braquage raté en 2010 qui a coûté la vie à une policière municipale. Une centaine de policiers spécialisés de la PJ sont mobilisés sur la traque du braqueur, qui s'était déjà échappé de la prison de Lille-Sequedin en 2013 avant d'être repris, six semaines plus tard, en banlieue parisienne.

Une évasion spectaculaire. Le 1er juillet, en quelques minutes à peine, le braqueur multirécidiviste s'était une nouvelle fois fait la belle, aidé par un commando armé qui avait auparavant pris en otage un pilote d'hélicoptère. Deux hommes portant des cagoules et des brassards de police, équipés de fusil d'assaut de type kalachnikov et de disqueuses, avait sauté de l'appareil qui survolait la cour d'honneur du centre pénitentiaire de Réau, près de Melun. Après avoir scié plusieurs portes et lâché des fumigènes, ils avaient récupéré leur complice au parloir de la prison.

Quelque 2.900 policiers et gendarmes avaient été mobilisés pour retrouver le braqueur, dont l'évasion a relancé la polémique sur la sécurité des prisons françaises. La garde des Sceaux Nicole Belloubet devait présenter mardi devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale les conclusions de l'inspection administrative sur l'évasion. En pleine affaire Benalla, la présentation de ce rapport a été renvoyée à plus tard.

"Un département qu'il connaît bien". Le 10 juillet, dans l'Oise, les enquêteurs ont mis la main sur un sac contenant notamment des armes longues, des cagoules et une disqueuse et soupçonné d'avoir appartenu au commando ayant participé à son évasion. Une semaine auparavant, une Renault Kangoo blanche siglée Enedis, dernier véhicule connu à bord duquel le fuyard est soupçonné d'avoir pris place, avait été également retrouvée dans l'Oise, "un département qu'il connaît bien", avait fait valoir une source proche de l'enquête, puisque le braqueur multirécidiviste en est originaire.

Mercredi, après la découverte de la voiture contenant des explosifs à Sarcelles, le parquet de Pontoise s'est dessaisi au profit de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris, a annoncé le parquet de Paris. Cette juridiction poursuit l'enquête ouverte mardi pour les chefs de refus d'obtempérer, transport d'explosifs en réunion et association de malfaiteurs formée en vue de commettre des crimes ou des délits punis de 10 ans de prison.